Le rapport d’orientation budgétaire 2022 aurait pu être le temps fort de ce conseil…

Conseil municipal du 7 mars 2022 : le rapport d’orientation budgétaire 2022 aurait pu être le temps fort de ce conseil. Il ne fut qu’une succession de chiffres et d’intentions ne tenant compte ni des nécessités sociales, environnementales ou économiques de notre ville.

Intervention Mâcon Citoyens

Ce rapport d’orientations budgétaires indique clairement que la population mâconnaise ne doit pas s’attendre à un quelconque accroissement des services rendus ! Pourtant, selon l’INSEE en 2019, 51 % des foyers sont non imposables et 30 % des moins de 50 ans vivent sous le seuil de pauvreté. Or pour les plus fragiles – le rapport reconnait que « la crise a eu des effets délétères, renforcement des situations d’isolement des publics les + fragiles ; précarisation accentuée (…) risque accru de décrochage scolaire… » – les associations caritatives témoignes de l’accroissement de la pauvreté – c’est bien d’un signal fort de soutien qui est attendu. De cette réalité que vous décrivez p.23 du rapport, vous ne tirez aucune conséquence. Votre leitmotiv : continuer sans mettre un centime de plus ! C’est particulièrement net dans votre projection de concours au tissu associatif qui comporte pourtant la subvention au CCAS. Il est vrai que le CCAS – dont vous êtes le Président- n’a toujours pas engagé une Analyse des Besoins Sociaux pourtant obligatoire depuis 1995 ! Avec la fermeture d’Eurosérum et les 119 emplois permanents supprimés, sans oublier les salariés en CDD ou intérimaires, dont certains sont Mâconnais, les besoins vont forcément augmenter. Ainsi, ne disposant pas de thermomètre vous pouvez toujours laisser croire qu’il n’y a pas de fièvre. Les plus fragiles et les plus précaires ont largement pris leur distance avec le bulletin de vote – la déprise des services publics que vous pérennisez risque d’accentuer cette situation.

Vous poursuivez donc des orientations financières marquées par la « maîtrise des dépenses de fonctionnement » plutôt que d’améliorer ou accroître les services rendus « en stabilisant le poids de la fiscalité des ménages ». La fiscalité des ménages c’est tout de même près de 22 millions en 2021 qui se verront augmenter de + de 800 000€ avec la revalorisation à 3.4 % des bases. C’est surtout une augmentation régulière depuis 2015, démontrée chaque année par le Compte administratif. Ainsi, c’est le même constat que les mâconnais feront cette année : vous avez thésaurisé plus d’un an de fiscalité locale d’avance et pour le dire autrement l’impôt a été levé mais pas utilisé au service des habitants et notamment des personnes les plus isolées, les plus précarisées, dont les enfants sont en décrochage scolaire. C’est ainsi que le Compte Administratif qui sera présenté dans un mois pourrait transférer une Capacité d’Auto Financement de l’ordre de 6,7millions d’€ à la section d’investissement. Au moins la moitié de ce montant aurait pu financer des services supplémentaires aux mâconnais. Nous avons toujours dénoncé la sur-programmation annuelle des investissements vous permettant de légitimer le maintien voir la réduction des services aux mâconnais que vous appelez « maitrise des dépenses de fonctionnement ».

A défaut de voir une inflexion de votre doxa financière, nous nous attendions à un rapport d’orientation expliquant clairement vos priorités et apportant des informations à leur crédit. Or, les mâconnais seront déçus car globalement le rapport affirme mais n’étaye rien : trois exemple :

  • L’Opération Programmée d’Aménagement de l’Habitat : vous nous dites « ce programme reçoit un bon accueil des habitants » soit… mais encore ?
  • La re-végétalisation de l’espace public : sans doute instruit par le déplorable réaménagement de la Place St Pierre vous semblez vouloir prendre le contre-pied. Bien…mais alors pourquoi avoir l’intention de bétonniser le stade de Flacé ?
  • La poursuite – c’est vous qui le dites – de l’aide financière aux personnes en situation précaire et désocialisée. Soit… mais osez dire la somme réellement consacrée par le CCAS – dont vous êtes le président – à ces aides et osez la comparer aux dépenses faites par ce même CCAS pour d’autres actions. En réalité, c’est l’ensemble de l’action sociale en direction des gens modestes qui vous indiffère ainsi que le démontre encore le sous-investissement dans le domaine de la proximité et de la cohésion sociale (2,78 % du plan d’investissement) et l’absence totale de prise en compte de l’augmentation des charges de chauffage, y compris celles du chauffage urbain dont les habitants des logements sociaux ont déjà senti l’impact avant même celui en lien avec le conflit Russie / Ukraine.

Enfin vous me permettrez d’exprimer nos doutes sur la bonne prise en compte des différentes crises qui impacteront fortement l’année 2022 -des énergies, des matières premières, et à présent en lien avec la guerre en Ukraine sans oublier celle du réchauffement climatique qui sera potentialisée par les autres.- Des impacts qui devraient concerner notamment le coût des Investissements, le montant des charges à caractère générale et le nécessaire développement des actions vers les mâconnais les plus fragiles.

Autres sujets de ce conseil : la volonté de la majorité municipale de verdir son image, il faudra plus qu’adhérer à l’Association des Villes pour la Propreté Urbaine ou la Ligue de Protection des Oiseaux pour un effet réel sur l’environnement et sur le cadre de vie. Ces deux délibérations sont l’occasion de poser la question de la possibilité d’adhérer à l’association « Les éco maires » qui, depuis 1989, rassemble les maires et élus investis dans le développement durable, ce réseau de 2000 collectivités permet des formations sur les enjeux du Développement Durable mais aussi une assistance notamment pour la conception de projets environnementaux sur le territoire. Cette adhésion permettrait une analyse Développement Durable / impact réchauffement climatique systématique de tous projets.

A la veille de la Journée internationale des Droits des Femmes, le conseil municipal a pris acte du rapport annuel sur la situation en matière d’égalité entre les femmes et les hommes sur la ville de Mâcon. le fait que ce rapport n’ait pas fait l’objet d’une présentation au public marque bien le désintérêt de la majorité municipale pour ce sujet. Rien n’a été présenté au public, même pas un résumé ! pourtant ce document permet de constater que le nombre d’agents municipaux a diminué entre 2020 et 2021… une tendance qui se confirme au fil des ans. Ce sont 15 emplois permanents qui ont disparus dans les filières « animation », « administrative », « technique », et « culturelle ». Seule la filière « police » voit ses effectifs renforcés. Et il aura fallu trois mandats à M. Courtois pour comprendre l’importance de la présence humaine pour renforcer le sentiment de sécurité. Dommage que ce soit au détriment des autres services municipaux ! Par ailleurs, ce rapport permet aussi de relever que l’égalité salariale n’est toujours pas atteinte car les filières les plus féminisées sont également les moins bien rémunérées. La pénibilité n’est toujours pas prise en considération et les carrières incomplètes des femmes les font partir en retraite tard pour des pensions faibles. C’est aussi cela, les violences faites aux femmes.

Enfin, en lien avec la crise sanitaire et pourtant favorables à l’exonération partielle des loyers des entreprises qui paient une redevance d’occupation du domaine public, nous n’avons pas pris part au vote de ce rapport. En effet, nous avons demandé que la collectivité s’assure que celles-ci n’aient pas reçu d’aide de l’état, cette question posée en commission 6 le lundi 28 février n’a depuis pas eu de réponse. Notre demande d’ajournement de ce rapport au prochain conseil a été refusée.

Que fait réellement la ville contre la prolifération des moustiques ?

Question orale :

Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les conseillers, Madame l’adjointe chargée de l’environnement, de la biodiversité, des espaces verts et de la propreté urbaine ;

Notre question porte sur la lutte contre la prolifération des moustiques.

Si nous avons bien conscience que 2021 fut une année bien particulière – mais chaque année n’a-t-elle pas ses particularités et son lot de désagréments ? – en matière d’intempéries avec un été très humide, nous nous faisons le relai des habitants de Mâcon qui souhaitent savoir quelles mesures ont été mises en œuvre en 2021 pour limiter l’invasion des moustiques ?

En effet, le site de la Ville indique :

« La Ville de Mâcon assure gratuitement une campagne annuelle de démoustication de mai à septembre pour assurer un traitement anti-larvaire sur les points d’eau stagnante (fûts, pneus, bassins, fosses…). Pour les signaler, n’hésitez pas à contacter le service Tranquillité publique et vie quotidienne.

Pour limiter la propagation des moustiques, veillez à ne pas laisser d’eau stagner trop longtemps. Le traitement préventif est important puisque lorsque le moustique est arrivé à l’âge adulte (insecte volant) nous n’avons plus de moyens d’intervention.« 

Cela laisse comprendre que la démoustication intervient sur signalement des habitants, est-ce le cas ? N’y a-t-il pas une campagne systématique sur les points d’eau identifiés par les services ? Un dispositif renforcé de démoustication est-il prévu pour les années à venir ? Une information renforcée auprès des Mâconnais est-elle envisagée ? Une éradication totale n’est ni possible ni souhaitable mais un contrôle est toutefois nécessaire compte tenu des maladies dont le moustique est vecteur.

Une partie des missions du Service Communal Hygiène et Santé est assurée par le service de la Police municipale -Tranquillité publique et vie quotidienne. Ne serait- il pas opportun de renforcer le service de la mission santé en lui redonnant les moyens d’agir sur ces enjeux de santé publique liés aux nuisibles permettant ainsi une meilleure lisibilité et cohérence des missions des services?

Mâcon le 23.09.21, Eve Comtet Sorabella – groupe Mâcon Citoyens.

Pourquoi les habitants de Mâcon n’ont pas été impliqués dans le projet de réaménagement de leur centre ville ?

En préambule des rapports 30 à 32, nous aurions apprécié, et le public aussi, que ces rapports soient accompagnés d’une présentation succincte mais suffisante des projets pour lesquels vous sollicitez le vote du conseil municipal.

Vous nous sollicitez pour cette demande de subvention, démarche qui semble bien être l’ultime étape avant la réalisation de cette requalification. Alors, nous souhaitons revenir sur l’implication des riverains et plus largement, habitants de Mâcon dans ce projet. Fin juillet s’est tenue une réunion sur l’aménagement futur de la rue Carnot ; 4 habitants de Mâcon étaient présents. Quelle publicité a été faite pour inviter à cette réflexion ? Quels outils de communication ont été mobilisés ? Le site de la Ville ? La presse locale ? Pourquoi avoir choisi la période estivale ? Les conditions sanitaires auraient permis, dès fin mai d’inviter les Mâconnais à cette réflexion, y compris de façon dématérialisée – le distanciel est aujourd’hui utilisé avec de plus en plus d’aisance – à la présentation du calendrier des aménagements et au recueil des propositions. La majorité municipale ne démontre pas sa volonté d’une participation effective des Mâconnais.

Par ailleurs, les aménagements présentés – principalement un calendrier des travaux de réfection des sols, de l’éclairage public et du mobilier urbain – prend très peu en compte la question de l’adaptation de la ville aux aléas climatiques et environnementaux ; si ce n’est l’éclairage public qui nous promet « d’éclairer malin »…quels espaces naturels peuvent être réintroduit en cœur de ville pour apporter fraicheur et confort ? Si des réponses ont été apportées quand à cette question de l’aménagement d’espaces naturels, elles nous ont finalement peu satisfaites. En effet, l’argument de l’humidité qui s’infiltrerait dans les caves en cas d’utilisation de revêtement qui permettrait l’absorption de la pluie semble ne pas tenir compte du fait que Mâcon est une ville qui a connu de nombreuses périodes inondations avec des caves régulièrement en eaux sans que cela soit gênant. C’est inhérent aux villes proches d’un cours d’eau qui connait des variations de débit et de niveau. Pour ce qui est de l’utilisation de la pierre de Comblanchien, pourquoi pas ? Mais il nous semble réellement dommage de rester sur un aménagement aussi minéral ; nous restons sur le sentiment que tout n’a pas été étudié pour ramener des espaces naturels dans cette rue.

Enfin des questions restent sans réponses :

  • Comment sera traité l’extérieur de l’Espace Carnot Montrevel ?
  • La galerie sous arches sera-t-elle rendue aux marcheurs ou sera-t-elle maintenue à l’identique, fermée de grilles amovibles qui restent inamovibles depuis de nombreuses années ?
  • Quelle convivialité sera proposée ?
  • Aujourd’hui, le projet propose deux sièges à l’angle des rues Carnot et Dufour, à l’angle sud de l’Espace Carnot Montrevel. Qu’est-il possible d’imaginer pour offrir de la convivialité dans le respect de la tranquillité des riverains ?

Quid de la sécurité à Flacé suite à la nouvelle construction ?

Résumé du projet : Projet de déménagement de l’école Jeanne d’Arc de la rue de la Paix à Flacé, sur l’actuel terrain de sport. Construction d’une école primaire, cour pour l’école élémentaire et cour pour l’école maternelle. Déclassement du domaine public en vue de sa cession. Cession pour 375 500€, 100€ le m2. Accueil des élèves sur la rentrée 2023/2024.

Comme l’indique l’étude, ce projet de déménagement de l’école J. d’Arc à Flacé induit la réflexion sur la relocalisation des usagers actuels – les élèves de l’école élémentaire publique de Flacé et du collège public Pasteur, incluant les surcoûts de cette relocalisation et les complications d’organisations dont, pour l’instant, nous n’avons aucune ébauche de proposition. Par ailleurs, un autre impact – et non des moindres – est à considérer : celui du trafic routier en lien avec les entrées et sorties d’écoles. A l’heure actuelle, celui-ci est déjà problématique avec beaucoup de voitures qui circulent aux heures d’entrées et sorties des écoles primaire et maternelle, une insécurité pour les piétons, une pollution atmosphérique et sonore importante. La circulation routière que l’on connait aujourd’hui à proximité de la rue de la Paix va se reporter sur le quartier de Flacé qui n’est pas dimensionné pour absorber plus de circulation qu’actuellement.

Avez-vous prévu une étude d’impact sur les flux de véhicules et sur le plan de circulation ?

La décision de déclassement ne pourrait-elle se faire après cette étude d’impact qui permettrait de mesurer concrètement les conséquences économiques des aménagements à mettre en place pour que Flacé garde son esprit de village dont les habitants bénéficient encore un peu ?

Enfin, et pour conclure, cette décision est de nouveau totalement à contre courant de ce qu’il faudrait faire pour lutter contre l’artificialisation des sols, c’est encore contradictoire avec le PADD présenté en décembre 2020 : « Tendre vers un objectif de «zéro artificialisation nette» (horizon 2050, avec objectif -50 % à horizon 2035). » Et particulièrement la 3ème grande orientation de celui-ci : « promouvoir un développement urbain favorable a une bonne qualité de vie dans un environnement préservé.« 

Voici mon intervention ce soir, en conseil municipal à l’occasion du débat d’orientation budgétaire

intervention au Conseil Municipal –
l’orientation budgétaire

Je veux insister sur l’absence d’analyse et de prise en compte du contexte local dans ce rapport qui se décline en quatre parties dont la première fait pourtant l’analyse du contexte économique et financier… c’est inquiétant … en effet, rien sur l’impact économique de la pandémie sur les mâconnaises et les mâconnais… ce n’est qu’à la moitié du rapport que sont évoquées les conséquences des mesures de confinement… et ce ne sont que 6 lignes… pour évoquer succinctement un bouleversement social, économique, sociétal en cours depuis bientôt un an. Et aucun chiffre sur le chômage à Mâcon… sur la pauvreté. (données 2017 : 19.2%)
Pourtant, c’est là que nous attendent nos concitoyens…ils attendent de leurs élus les services et projets qui amélioreront leur quotidien.
Ce rapport montre donc votre incapacité à adapter le budget 2021 aux conditions socio-économiques présentes… En effet, les investissements en matière de cohésion sociale ne représenteront que 2.5% du budget d’investissement… c’est indigent … le développement durable, avec 4.52% fait également figure de parent pauvre et ce n’est pas le programme de renouvellement du parc d’éclairage public qui va masquer ce qui n’est pas entrepris par ailleurs. … en fait, ces domaines sur lesquels les investissements devraient être renforcés sont les plus faiblement dotés et parallèlement à cela, les dépenses de fonctionnement seront contenues alors qu’il faudrait développer les services aux usagers.
Cela d’autant + que nous en avons les moyens : 2020 est aussi une année exceptionnelle à ce titre : c’est + de 11 millions d’excédents de fonctionnement qui n’ont pas été utilisé au service des contribuables. Pourtant, à l’heure des confinement et déconfinement, les mâconnais avaient des besoins auxquels vous auriez dû répondre : par ex. maintenir puis renforcer le soutien à la scolarité par la continuité du dispositif de programme de réussite éducative ainsi que l’accompagnement à la scolarité.
Plutôt que cela, vous avez préféré poursuivre votre politique du bas de laine… qui pèse près de 31 millions d’€ !…et c’est ainsi que ces 11 millions iront alimenter la section d’investissement. A l’identique de ce que vous faites depuis plusieurs années : l’investissement réalisé n’est que le quart de ce qui est indiqué au budget prévisionnel. Ce qui ne vous empêchera pour autant pas d’emprunter…5.9millions en 2021… car, comme vous le dites sans cesse « il faut emprunter maintenant car les taux sont bas » (capacité de désendettement = 4 ans1/2).
Mais pour faire quoi ? Ainsi, en 2021, vous prévoyez 42 millions d’investissements… mais combien seront finalement réalisé sur cet exercice ? Pour rappel, en 2020, 34.6 millions étaient prévus, et seuls 15 millions furent réalisés. Et vous ne pouvez prétexter le contexte sanitaire car le budget a été voté fin juin…vous saviez donc pertinemment que tout ne serait pas réalisé.
Alors, mesdames, messieurs, pourquoi cela mérite-t-il d’être relevé ? Pourquoi cela pose-t-il problème ? Simplement parce que c’est une mauvaise gestion des ressources de la collectivité. Et ce qui fut dénoncé par la Cour Régionale des Comptes au sujet de l’agglomération, le sera sans doute aussi pour Mâcon. Ces montants pléthoriques prévus en investissement vous permettent de justifier d’une part :
• le transfert en section d’investissement de ce qui n’a pas été dépensé utilement en fonctionnement…et d’autre part,
• le maintien du taux de la taxe sur le foncier bâti alors même que les propriétaires occupants ou bailleurs n’arrivent plus à entretenir leurs biens du fait de la vacance locative. (25.63%de 2016 à 2019 et 23.35% moyenne de la strate)
Ainsi, vous pourriez à la fois
• accroitre les services aux administrés, vous pourriez le faire pour 2021…c’est économiquement possible …et humainement souhaitable.
• Et baisser le taux de la taxe sur le foncier bâti de 2 points 28… ramenant ainsi la fiscalité locale à la moyenne de la strate.
Au contraire de cela, les services dont les usagers ont besoin ne seront pas déployés : par ex. du personnel pour mettre en œuvre des dispositifs éducatifs et de loisirs en direction des enfants et de la jeunesse dans tous les quartiers de la ville. Alors que les associations sont contraintes par la crise sanitaire, la jeunesse doit pouvoir trouver dans les dispositifs « ville » des lieux et temps de socialisation alternatifs. Ce peut être aussi une façon complémentaire d’œuvrer pour la tranquillité des habitants. L’octroi de crédits supplémentaires pour les CCAS dont les subventions n’ont pas progressé depuis 2014 et dont les besoins sont accrus…permettrait un soutien aux ménages en difficulté.
En matière de mauvaise utilisation des ressources, nous dénonçons également la stabilité de l’aide au tissu associatif qui est en fait…en diminution… et on est en droit de se demander qui va faire les frais de cette baisse ? L’éducation populaire pourrait être sacrifiée. L’animation se substitue à la culture et c’est un signal bien inquiétant. Que peu d’ambition dans ce domaine !… pourtant l’Appel à projets « Quartiers culturels créatifs » permettrait de renouveler l’offre qui a besoin d’un nouveau souffle. Dans les domaines de l’emploi, du logement, et particulièrement pour la jeunesse, aucune ambition de travail collaboratif, notamment avec l’« AILE sud bourgogne », aucune ambition pour le « point information jeunesse ». Pas de renfort envisagé de la Prévention Spécialisée. Encore une fois, vous ne faites aucun lien entre les troubles de l’ordre du dernier trimestre 2020 et votre désengagement éducatif, social et culturel dans les quartiers. Vous laissez penser que l’échelon des collectivités le plus proche des habitants, c’est-à-dire l’échelon municipal est impuissant. De nouveau, aucune prise de conscience de l’urgence d’agir.
Alors même que le plan de relance et les dispositifs d’accompagnement sont une opportunité à saisir, vous n’offrez aucune visibilité sur ce qui pourrait être mis en œuvre. Ce pourrait être une occasion d’accélérer la rénovation énergétique des bâtiments publics, d’accroitre beaucoup plus significativement la part de produits issus de l’agriculture biologique et locale pour les repas produits par la cuisine centrale, de repenser les actions de soutien à l’économie de proximité ainsi que les opérations d’aménagement commercial en centre-ville, de favoriser l’inclusion numérique, d’engager la réflexion sur l’agriculture urbaine…et d’accompagner tout cela avec le personnel municipal dédiés.
Vous semblez ne vouloir saisir aucun des dispositifs d’accompagnements prévus alors même qu’ils correspondent sans doute aux besoins et aux aspirations des mâconnais… aucun de ces thèmes ne vous semblent donc pertinents pour eux ? De nouveau, ce sont les mâconnais d’aujourd’hui qui payent les hypothétiques investissements de demain sans bénéficier des services publics dont ils ont besoin maintenant. ALORS…Mâcon la ville aimée ?…les mâconnais ont besoin de preuves.

Déclaration Elus Mâcon Citoyens

Ce premier conseil municipal intervient plus de deux mois après les résultats du premier tour et surtout après une période de confinement éprouvante pour toutes et tous. Les résultats dès le premier tour des élections renouvèlent pour un quatrième mandat, Monsieur Courtois et ses colistiers. Mais ne nous y trompons pas, avec une telle abstention (68%), le plus haut niveau jamais atteint pour cette élection locale, la préférée des Français, nous pensons que cette assemblée a été mal élue… la modestie de chacun, chacune est requise.

L’heure n’est plus aux remerciements à nos électeurs, tant les préoccupations sont tout autres : après avoir dû faire face à la pandémie, aux contraintes et aux difficultés liées au confinement, il s’agit à présent de faire face à la période de transition qui s’ouvre pour un temps peut-être encore plus incertain que le confinement passé. La société doit se recréer avec de nouvelles façons de faire dans les gestes du quotidien… et des efforts doivent être consacrés à la construction d’une économie différente ; et des solidarités sont à réinventer, de même, la Démocratie doit être développée.

Alors, oui, nous sommes heureux d’être là, avec six élus, tous en conscience des enjeux qui vont guider notre action ; et chaque fois que nécessaire, nous nous opposerons aux décisions que nous estimerons ne pas être en faveur de l’intérêt général. Cela tout en gardant chacun, une indépendance sur nos décisions ; car en nous présentant devant les électeurs, c’est aussi cette dimension que nous proposons. Nous réfléchissons ensemble, trouvons le compromis, mais nous nous autorisons de n’être pas d’accord et nous nous engageons à le motiver devant l’assemblée, devant nos électeurs et plus généralement les habitants de Mâcon. Nous ne sommes pas des élus godillots.

La crise sanitaire s’inscrit dans les crises – économique, sociale et environnementale – préexistantes et liées aux décisions politiques de libéralisation du secteur de la santé, que, vous, Monsieur Courtois, avez validé tout au long de votre long exercice politique – national – en tant que sénateur et local en tant que maire. Le vers est entré dans le fruit dès la Loi Juppé qui mettait un premier coup de couteau au cœur du service public de santé et particulièrement à l’hôpital public, puis la Loi Hôpital Patient Santé Territoire de Mme Bachelot – aujourd’hui reconvertie en amuseuse du Paysage Audiovisuel Français – continuait la sape du système hospitalier, détruisant au passage les éléments de démocratie qui l’organisait par la suppression des Conseils d’administration des hôpitaux remplacés par les conseils de surveillance, vidés de toute substance démocratique. Vous avez voté cette loi lorsque vous étiez sénateur, vous êtes comptable de cette décision et de ses conséquences. Durant votre précédant mandat, vous avez refusé la création du centre municipal de Santé que je proposais et validé celui créé par le conseil départemental ; c’est un peu votre signature : vous trouvez toujours à faire payer les équipements mâconnais par d’autres collectivités – le département, l’agglomération…

Maintenant, il s’agit, ici, de décider des politiques publiques locales au service des administrés. Nous savons toutes et tous que notre planète et ses ressources sont limitées au contraire de notre imagination. Mise au service de la finance mondialisée et d’intérêts particuliers, toujours plus nombreux sont ceux à s’accorder aujourd’hui sur le désastre de telles décisions. Il s’agit de développer les projets dont l’impact environnemental préservera la biodiversité tout en redonnant vitalité à notre ville ;

  • une vitalité retrouvée pour l’habitat existant, pour le commerce de centre ville et les familles qui en vivent ;
  • une vitalité retrouvée pour le tissu associatif qui ne peut se résumer à un soutien massif aux activités sportives tournées vers la compétition au détriment du sport loisir et santé et de son accès à toutes et tous ;
  • une vitalité renforcée pour les acteurs de la sphère sociale qui doivent être épaulés pour mener à terme leurs projets. Alors qu’ils ont été en première ligne pendant la phase aiguë de la pandémie, ils n’ont pas reçu le soutien dont leurs bénéficiaires avaient tant besoin ;
  • une vitalité économique tournée vers le secteur industriel du réemploi, de l’économie circulaire et de l’agriculture urbaine, de véritables moyens de fixer la population dans la ville centre, la réduction des déplacements pendulaires restant un enjeu environnemental important ;
  • une vitalité démocratique à inventer, loin des réunions d’information organisées sous votre mandat précédant mais une pratique qui implique davantage la concertation pour recueillir l’expertise des habitants et leurs besoins exprimés, un travail transversal des élus dans le but d’établir une «stratégie climat », une place pour les élus de l’opposition qui va plus loin que ce que le droit prévoit, et enfin, une transparence renforcée.

Ce discours peut avoir l’allure de rejouer la campagne passée mais c’est parce qu’elle n’a pas eu lieu, cette campagne. La déclaration tardive de votre candidature vous a permis de vous soustraire au débat d’idée. Vous avez privé les électeurs mâconnais de ce temps de confrontation des projets, moment nécessaire à un choix éclairé ; usant de publi-reportages, c’est le « Coup d’état permanent », cela faisait le jeu de votre réélection mais au prix d’une abstention bien au-delà de la moyenne nationale, renforcée par la pandémie.

Concitoyennes, concitoyens, la transition qui s’annonce est une formidable opportunité pour tenter de réparer les erreurs commises, erreurs dont la responsabilité est collective, soit d’avoir produits les idées qui y ont menées, soit de n’avoir pas su s’y opposer suffisamment, soit de n’avoir pas su proposer autre chose, soit d’avoir été sourds aux alternatives. Cette période est donc enthousiasmante et nous, élus Mâcon Citoyens, comptons bien porter tous projets et initiatives qui concourent à rendre notre territoire adapté aux enjeux contemporains.

Eve Comtet Sorabella.

Le Covid-19 et Mâcon

Monsieur le Maire,

Le 15 avril 2020, nous vous avons sollicité pour un rendez-vous dans l’objectif de faire converger toutes les forces politiques au service et dans le seul intérêt des Mâconnais en cette période difficile.

Malheureusement nous n’avons pas reçu de réponse de votre part.

Nous pensons qu’aussi longtemps que durera cette crise, la planification de la mobilisation sanitaire doit se faire à l’échelon municipal. Beaucoup de Mâconnais traversent une phase terrible de leur vie. Ils souffrent.

C’est pourquoi les conseillers municipaux nouvellement élus, y compris ceux de l’opposition, bien que pas encore installés, doivent collectivement et dès à présent agir davantage pour soutenir les personnes, les foyers, les commerces les plus fragiles durant les prochaines semaines.

Les élus Mâcon Citoyens ont recensé un certain nombre d’initiatives qui pourraient être mises en œuvre par les services de la Mairie et de la MBA – peut-être sont-elles déjà prévues mais vous ne nous avez pas donné l’occasion de le savoir ? Nous vous en soumettons quelques-unes et restons à votre disposition pour aider à leur mise en œuvre.

  • Mettre en place un centre d’écoute et d’aide téléphonique ouvert 24h/24h permettant l’orientation vers la structure ou le service adapté à la demande. Ce centre d’appel travaillera en collaboration avec différentes équipes, professionnels, associations et institutions pour être en situation de mettre en œuvre des solutions, parfois dans l’urgence (nécessités alimentaires, personnes à la rue, soutien psychologique, mise à l’abri…). Ce centre permettra aussi de recenser les volontaires bénévoles qui proposent leur aide aux plus fragiles (apporter des courses…).
  • S’assurer de l’équipement et des achats nécessaires pour fournir des « Équipements de Protection Individuelle » à tous les agents municipaux, bénévoles, les travailleurs sociaux, médicaux et paramédicaux. Mettre en place une cellule spécifique dédiée à aider concrètement les personnels soignants mobilisés (garde d’enfants, logement, déplacement, soutien…).
  • Recenser toutes les personnes de plus de 70 ans et/ou en situation de handicap, y compris en utilisant les fichiers du Plan canicule et établir avec ces personnes un contact téléphonique quotidien avec le CCAS.
  • Permettre le confinement des personnes sans domicile fixe avec mise à disposition de lieux publics adaptés et de personnel d’accompagnement qualifié pour veiller au respect de mesures de sécurité sanitaire. Recenser et confier la gestion des logements vacants aux structures en charge de la mission d’aide aux démunis. Les soutenir pour que le recrutement du personnel nécessaire à l’accompagnement soit possible.
  • Organiser la distribution de « chariots-quarantaine » avec les produits de première nécessité pour toute personne vivant sous le seuil de pauvreté et qui ne peut se déplacer : sucre, pâtes, riz, huile, légumes disponibles et produits locaux, savon, nécessaires d’hygiène périodique pour les femmes, couches pour les enfants…
  • S’assurer de la prise en charge immédiate des enfants et femmes victimes de violence, de l’attribution et la prise en charge d’un logement d’urgence pour les accueillir si nécessaire ou d’un moyen d’éloignement du conjoint violent. Populariser le numéro d’aide pour les hommes craignant d’être violents pendant le confinement, un numéro d’aide psychologique à leur destination a été mis en place, il s’agit du 08.019.019.11.
  • Veiller à l’arrêt effectif des factures et paiements pour les services suspendus (crèches, cantines, extra-scolaire…). Recenser les familles les plus précaires et verser des aides financières par le CCAS.
  • Appliquer une suspension des loyers pour les locataires d’un HLM en situation de grande précarité.
  • Mettre en place des mesures de soutien aux commerces locaux : en plus des aides et actions d’ores et déjà annoncées, proposer des bons d’achat solidaires à valoir dès la réouverture des commerces Mâconnais. Les consommateurs épauleraient ainsi les commerces dont les portes sont fermées depuis le 16 mars : ils les aideraient dès maintenant à couvrir leurs frais fixes.
  • Mettre en place une distribution de ces bons d’achats aux ménages les plus modestes (financés par la mairie ou la MBA).
  • Accroître les espaces cyclables et piétonniers temporaires pour favoriser des déplacements sûrs et sains, par exemple sur la D906 (N6) où les trottoirs sont étroits voire inexistants.
  • Rouvrir les déchetteries (circuit « marche en avant », limitation du nombre de présences simultanées, limitation du nombre de passages hebdomadaires par lecture de la plaque d’immatriculation).

Le confinement ne peut être qu’une situation temporaire. Le rôle des pouvoirs publics est d’anticiper dès à présent l’ensemble des mesures à prendre dès la levée progressive du confinement et limiter ainsi le risque d’une nouvelle vague épidémique : dépistages massifs, mesures de protection… Le service public communal peut et doit également contribuer à cet objectif.

  • Mettre en place dès maintenant les mesures de désinfection des équipements publics et de l’espace urbain (mobiliers urbains, abri-bus, parcs de jeux, squares…) selon les préconisations.
  • Anticiper la mise à disposition de lieux de dépistage et leur aménagement, en lien avec les hôpitaux et autorités sanitaires, pour permettre de réaliser les tests massifs qui seront nécessaires dans des conditions sécurisées, en évitant une nouvelle saturation des structures de santé.
  • Solliciter les couturières et couturiers de notre bassin de vie afin d’organiser l’approvisionnement de masques par la commune et la MBA à tous les habitants, fournir les matières premières nécessaires à leur confection, commander des masque à des entreprises françaises de confection.
  • Mettre en place des points de distribution publique de masques, gel… pour faire face, cette fois, à l’afflux de demande et permettre à chacun·e le respect des gestes barrières.
  • En vue d’aider les élèves qui auront pris du retard, éviter leur découragement et un éventuel décrochage post-confinement, refuser toute fermeture de classe à la rentrée prochaine et obtenir des moyens renforcés.
  • Préparer un plan de soutien à l’économie locale notamment pour le commerce de proximité, favoriser la relocalisation d’activités et généraliser les circuits courts.

Nous pensons que l’ensemble des élu.e.s doit être impliqué dans la gestion des effets de la pandémie. Pour cette raison, un effort de transparence est nécessaire. Vous devez informer tous les élus, nouveaux ainsi que ceux du mandat précédent, de vos décisions prises hors Conseil municipal et communiquer régulièrement à nos concitoyens ce que leurs élus prévoient pour les semaines à venir et qui impactera leur quotidien.

Souhaitant pouvoir nous entretenir avec vous dans les meilleurs délais, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Maire, l’expression de notre parfaite considération.

Les élus de la liste Mâcon Citoyens 2020 au Conseil municipal.

Ève Comtet Sorabella, Gabriel Siméon, Catherine Amaro, Rida Ben Salah, Delphine Mermet et Eric Ponchaux.