Début de mandat

Intervention AU conseil municipal –

Monsieur le maire, mesdames et messieurs les conseillers municipaux,

Nous débutons ce mandat à un moment crucial. Un moment durant lequel adapter notre territoire aux enjeux contemporains signifiera faire de l’écologie une priorité. Notre priorité.

L’épidémie de Covid-19 ne doit pas nous faire oublier que le dérèglement climatique s’aggrave jour après jour. Les 4 dernières années ont été successivement les plus chaudes jamais enregistrées. Je ne veux pas vous faire peur, mais voici le record de température établi à la station Météo France de Mâcon l’an dernier : 39 °C, le 24 juillet 2019. On est à quelques dixièmes du record absolu de la canicule de 2003.

Les prévisions pour cet été ne rassurent pas. La Saône-et-Loire compte ainsi parmi les 11 départements français classés rouge concernant le risque de sécheresse. Le JSL titrait d’ailleurs ce vendredi 22 mai : « C’est pas l’été et la terre a déjà soif ». Nous souffrirons tous de la hausse des températures, d’une manière ou d’une autre.

Dans le même temps, la vie sauvage est en train de disparaître à une vitesse jamais observée. Une espèce sur 8 est menacée de disparition à court terme. Or cette biodiversité nous est indispensable : elle produit l’oxygène et la nourriture, pollinise nos cultures, séquestre le CO2 et contribue plus simplement au bien-être de tous.

Pour continuer à vivre dignement dans les années qui viennent, nous ne devons pas nous habituer aux changements, et surtout pas nous résigner. Nous devons agir avec force.

La crise de Covid-19 a fait évoluer les comportements et les attentes vis-à-vis de l’environnement. De plus en plus de Mâconnais souhaiteront se déplacer à vélo pour aller travailler, prendre le train plutôt que la voiture, offrir à leur enfant une alimentation saine et respectueuse de l’environnement, privilégier les commerces de proximité, et sauvegarder des espaces tels que la forêt de Sennecé.

Il va falloir suivre, et même prendre les devants. Or l’écologie ne se saupoudre pas. Vous contenter de dérouler le programme pour lequel vous avez été élus ne suffira pas. J’espère sincèrement que vous serez à la hauteur des enjeux.

Déclaration Elus Mâcon Citoyens

Ce premier conseil municipal intervient plus de deux mois après les résultats du premier tour et surtout après une période de confinement éprouvante pour toutes et tous. Les résultats dès le premier tour des élections renouvèlent pour un quatrième mandat, Monsieur Courtois et ses colistiers. Mais ne nous y trompons pas, avec une telle abstention (68%), le plus haut niveau jamais atteint pour cette élection locale, la préférée des Français, nous pensons que cette assemblée a été mal élue… la modestie de chacun, chacune est requise.

L’heure n’est plus aux remerciements à nos électeurs, tant les préoccupations sont tout autres : après avoir dû faire face à la pandémie, aux contraintes et aux difficultés liées au confinement, il s’agit à présent de faire face à la période de transition qui s’ouvre pour un temps peut-être encore plus incertain que le confinement passé. La société doit se recréer avec de nouvelles façons de faire dans les gestes du quotidien… et des efforts doivent être consacrés à la construction d’une économie différente ; et des solidarités sont à réinventer, de même, la Démocratie doit être développée.

Alors, oui, nous sommes heureux d’être là, avec six élus, tous en conscience des enjeux qui vont guider notre action ; et chaque fois que nécessaire, nous nous opposerons aux décisions que nous estimerons ne pas être en faveur de l’intérêt général. Cela tout en gardant chacun, une indépendance sur nos décisions ; car en nous présentant devant les électeurs, c’est aussi cette dimension que nous proposons. Nous réfléchissons ensemble, trouvons le compromis, mais nous nous autorisons de n’être pas d’accord et nous nous engageons à le motiver devant l’assemblée, devant nos électeurs et plus généralement les habitants de Mâcon. Nous ne sommes pas des élus godillots.

La crise sanitaire s’inscrit dans les crises – économique, sociale et environnementale – préexistantes et liées aux décisions politiques de libéralisation du secteur de la santé, que, vous, Monsieur Courtois, avez validé tout au long de votre long exercice politique – national – en tant que sénateur et local en tant que maire. Le vers est entré dans le fruit dès la Loi Juppé qui mettait un premier coup de couteau au cœur du service public de santé et particulièrement à l’hôpital public, puis la Loi Hôpital Patient Santé Territoire de Mme Bachelot – aujourd’hui reconvertie en amuseuse du Paysage Audiovisuel Français – continuait la sape du système hospitalier, détruisant au passage les éléments de démocratie qui l’organisait par la suppression des Conseils d’administration des hôpitaux remplacés par les conseils de surveillance, vidés de toute substance démocratique. Vous avez voté cette loi lorsque vous étiez sénateur, vous êtes comptable de cette décision et de ses conséquences. Durant votre précédant mandat, vous avez refusé la création du centre municipal de Santé que je proposais et validé celui créé par le conseil départemental ; c’est un peu votre signature : vous trouvez toujours à faire payer les équipements mâconnais par d’autres collectivités – le département, l’agglomération…

Maintenant, il s’agit, ici, de décider des politiques publiques locales au service des administrés. Nous savons toutes et tous que notre planète et ses ressources sont limitées au contraire de notre imagination. Mise au service de la finance mondialisée et d’intérêts particuliers, toujours plus nombreux sont ceux à s’accorder aujourd’hui sur le désastre de telles décisions. Il s’agit de développer les projets dont l’impact environnemental préservera la biodiversité tout en redonnant vitalité à notre ville ;

  • une vitalité retrouvée pour l’habitat existant, pour le commerce de centre ville et les familles qui en vivent ;
  • une vitalité retrouvée pour le tissu associatif qui ne peut se résumer à un soutien massif aux activités sportives tournées vers la compétition au détriment du sport loisir et santé et de son accès à toutes et tous ;
  • une vitalité renforcée pour les acteurs de la sphère sociale qui doivent être épaulés pour mener à terme leurs projets. Alors qu’ils ont été en première ligne pendant la phase aiguë de la pandémie, ils n’ont pas reçu le soutien dont leurs bénéficiaires avaient tant besoin ;
  • une vitalité économique tournée vers le secteur industriel du réemploi, de l’économie circulaire et de l’agriculture urbaine, de véritables moyens de fixer la population dans la ville centre, la réduction des déplacements pendulaires restant un enjeu environnemental important ;
  • une vitalité démocratique à inventer, loin des réunions d’information organisées sous votre mandat précédant mais une pratique qui implique davantage la concertation pour recueillir l’expertise des habitants et leurs besoins exprimés, un travail transversal des élus dans le but d’établir une «stratégie climat », une place pour les élus de l’opposition qui va plus loin que ce que le droit prévoit, et enfin, une transparence renforcée.

Ce discours peut avoir l’allure de rejouer la campagne passée mais c’est parce qu’elle n’a pas eu lieu, cette campagne. La déclaration tardive de votre candidature vous a permis de vous soustraire au débat d’idée. Vous avez privé les électeurs mâconnais de ce temps de confrontation des projets, moment nécessaire à un choix éclairé ; usant de publi-reportages, c’est le « Coup d’état permanent », cela faisait le jeu de votre réélection mais au prix d’une abstention bien au-delà de la moyenne nationale, renforcée par la pandémie.

Concitoyennes, concitoyens, la transition qui s’annonce est une formidable opportunité pour tenter de réparer les erreurs commises, erreurs dont la responsabilité est collective, soit d’avoir produits les idées qui y ont menées, soit de n’avoir pas su s’y opposer suffisamment, soit de n’avoir pas su proposer autre chose, soit d’avoir été sourds aux alternatives. Cette période est donc enthousiasmante et nous, élus Mâcon Citoyens, comptons bien porter tous projets et initiatives qui concourent à rendre notre territoire adapté aux enjeux contemporains.

Eve Comtet Sorabella.

Parc photovoltaïque à la Grisière

La ville renonce-t-elle à toute maîtrise sur l’énergie renouvelable ?

Le 23 avril 2020, la mairie de Mâcon a fait paraître dans la presse un avis d’appel à candidature concernant l’installation d’un parc de cellules photovoltaïques d’environ 4 hectares dans le secteur de la Grisière. Ce dossier soulève quelques questions.

Tout d’abord, la démocratie est-elle respectée par le maire ? Le lancement du marché n’a fait l’objet d’aucun débat en Conseil municipal, le dernier datant de décembre. Il n’y a pas eu non plus d’information en direction des élus, qui découvrent dans la presse la teneur du dossier.

De manière plus générale, comment peut-on envisager, à l’heure de la transition énergétique, de traiter pour les années à venir le sujet de la production des énergies renouvelables pour la ville et l’agglomération sans une réelle approche citoyenne associant élus de Mâcon et de la MBA, experts et habitants de l’agglomération ?

Les élus sont en droit de l’espérer d’autant qu’au cours de ses mandats passés, M. le Maire a fait l’impasse totale en la matière. En effet, aucun bâtiment public communal n’a été, par exemple, équipé de panneaux photovoltaïques. La rénovation prochaine des toitures de plusieurs écoles ne serait-elle pas l’occasion idéale d’installer de tels équipements ?

Ensuite, comment se présente ce projet de la Grisière ? Monsieur Jean-Patrick Courtois a fait le choix de confier l’exploitation de ce parc photovoltaïque à un opérateur privé moyennant un bail emphytéotique (bail d’une durée de 18 à 99 ans pouvant éventuellement être cédé). La commune renonce, de fait, à toute maîtrise de cet équipement pour le futur, tout en abandonnant son terrain pour une très longue durée, tout comme elle a déjà fait le choix, discutable, de déléguer la gestion de sa nouvelle chaufferie.

Au fait, à qui cette électricité profitera-t-elle ? A l’heure où la crise du Covid-19 doit nous pousser à bâtir des territoires plus autonomes, se pose donc la question de l’ambition d’une indépendance énergétique de la ville et plus globalement de l’agglomération grâce à une production d’énergie verte. L’agglomération doit viser aussi d’être un territoire à énergie positive.

Il est temps de construire, dans une vision globale, une vraie politique de l’énergie, qui selon nous consiste à :

  • passer à la vitesse supérieure pour les économies d’énergie (isolation des bâtiments avec une réelle prise en compte de l’accès pour les plus démunis, éclairage…) ;
  • être une collectivité productrice de son énergie et bénéficiaire directe de son investissement ;
  • être une collectivité qui décide de la destination de sa production (dont transports en commun…) ;
  • associer davantage les citoyens et les élus dans une démarche de co-construction de tels projets énergétiques et urbanistiques.

Les élus de la liste Mâcon Citoyens au Conseil municipal

Eve Comtet Sorabella, Gabriel Siméon, Catherine Amaro, Rida Ben Salah, Delphine Mermet et Eric Ponchaux

Le communiqué sur Mâcon Infos

Le communiqué sur le Journal de Saône-et-Loire