Contrat de ville

Conseil Municipal du 4 mars 2024

Rapport 22 – Signature du contrat de ville de MÂCON « Engagements Quartiers 2030 »

Monsieur le Maire, chers collègues,

Bien sûr, nous approuverons la signature du contrat de ville, toutefois, nous avons des remarques à formuler.

  • D’abord, c’est un document difficile à s’approprier : il est dans un premier temps question de 5 défis pour les 6 prochaines années, puis, des axes spécifiques sont identifiés par territoire puis viennent les 7 enjeux locaux et leurs fiches actions/indicateurs.
  • S’appuyant sur notamment sur l’évaluation finale du précédent contrat dont les conclusions et recommandations invitent à poursuivre les actions menées sur les quartiers prioritaires, ce qui est prévu, par contre, la possibilité d’élargir à certains autres quartiers de l’agglomération compte tenu de l’évolution socio-économique ne semble pas avoir été retenue. Le centre-ville de Mâcon et la commune de Saint-Laurent-sur-Saône qui présentent des signes de fragilité économiques et de paupérisation ont été repérés.
  • On ne voit pas ce qui advient des dispositifs existants précédemment
  • Certains acteurs opérationnels ne sont pas cités : la sécurité routière sur les questions de mobilité/déplacement, les associations de défense des droits des femmes sur les questions d’égalité F/H, les associations de commerçants ou Innobiz sur les problématiques d’emploi, formation et insertion, la médecine du travail sur les questions de prévention.
  • Enfin, pour conclure, c’est un contrat de ville qui fait la part belle aux questions de sécurité, il reste cependant très imprécis sur les moyens humains et financiers que les différents acteurs identifiés pourront réellement mobiliser. La Ville de Mâcon est attendue sur les moyens de droit commun, véritable facteur d’égalité et garantie de la pérennité des dispositifs. Cela d’autant que c’est sans doute ce qui a fait défaut sur le précédent contrat de ville ; en effet, compte tenu de la paupérisation des habitants des quartiers populaires, s’étendant à des secteurs qui n’étaient pas inclus aux QPV sur le précédent contrat de Ville 2015-2020, il y a peu pour considérer celui-ci comme un échec.

Pour.

Règlement d’intervention OPAH-RU

Conseil municipal du 4 mars 2024

Rapport 21 – Modification n° 5 du règlement d’intervention de l’OPAH-RU

Monsieur le Maire, chers collègues,

Cette modification est surprenante à plus d’un titre.

En effet, il nous est proposé de modifier le règlement d’intervention alors que le dispositif prend fin en juin 2024. Cela signifie que les propriétaires qui souhaitent bénéficier de ce soutien doivent présenter leur demande avant le 30 juin. Pourquoi ne pas avoir prévu cette modification dès début 2023 pour nous caler sur le dispositif ANAH ? Où en est-on de l’objectif fixé de 12 logements sur la durée de l’OPAH-RU ? On comprend également, en croisant les données du rapport avec le bilan à mi-parcours du PLH, que le dispositif va s’interrompre de juillet à décembre 2024. Le bilan du PLH indique que la mise en place d’un dispositif a été étudiée dès l’automne 2023 dans le but d’aboutir à l’adoption d’une 3éme OPAH-RU 2025-2031. Qu’en est-il de ce projet ?

La rénovation du bâti ancien du centre ville permet de proposer des logements adaptés à l’augmentation des prix de l’énergie, au changement climatique ainsi que de contenir l’étalement urbain ; aussi, nous sommes favorables à ce dispositif, même s’il est décidé tardivement.

Pour.

ZAC MONNIER / Transaction

Conseil Municipal du 4 mars 2024

Rapport 16 – Concession d’aménagement « ZAC MONNIER » – signature d’un protocole transactionnel avec la SEMA

Cette concession a fait l’objet, le 03 novembre 2022, d’un avenant n° 1 permettant la prorogation de sa durée de 5 ans, soit jusqu’au 28 novembre 2027. En cours d’exécution du contrat, des surcoûts difficilement imputables à la SEMA ont été supportés par celle-ci. La SEMA a donc interpellé la Ville au sujet de ces coûts susceptibles de faire l’objet d’un contentieux. Les parties, assistées de leurs Conseils respectifs, ont engagé des négociations et accepté de rechercher une issue amiable à leurs différends afin d’éviter que ces points litigieux ne soient soumis à contentieux. Les points d’achoppement portent sur :

  • des surcoûts liés à la quote-part du parking Monnier dont il est apparu qu’il était en grande partie affecté au public et non à la ZAC. En effet, la SEMA s’est vue mettre indûment à sa charge l’intégralité du coût des travaux du parking, dans la mesure où ledit parking bénéficie essentiellement à des personnes extérieures à la ZAC ;
  • des surcoûts liés à trois acquisitions d’immeubles très fortement dégradés en limite de ZAC à la demande de la Ville et dont l’acquisition s’est révélée nécessaire pour la cohérence urbaine du secteur.

C’est dans ce contexte que la SEMA et la Ville se sont rapprochées et sont convenues de conclure un protocole d’accord ci-annexé portant sur une partie des indemnisations sollicitées par la SEMA.

Monsieur le Maire, chers collègues, Monsieur Dupuy,

Il restera donc 428 677€ à rembourser par la SEMA au plus tard le 28/11/2027, date de fin du contrat de concession, si celle-ci ne fait pas l’objet d’un avenant prolongeant de nouveau sa durée.

N’étant pas élu.e.s à la date de création de la ZAC, n’ayant pas approuvé le contrat de concession, nous ne prenons pas part au vote sur ce protocole.

Augmentation du capital de la SEMA

Conseil municipal du 4 mars

Rapport 15 – Augmentation du capital de la SEMA

La SEMA a depuis plusieurs années entamé un nouveau développement par le biais d’opérations propres et de participation à des structures externes ou de filiale (71VEST). Aujourd’hui dans un souci de poursuite de ce développement, dans ce même esprit mais également afin de se diversifier et d’élargir son objet sur des travaux sur les nouvelles formes d’énergies, il convient d’ajouter un point à l’objet social de la société qui lui permettra de procéder à l’étude, la construction et l’exploitation de toute structure ou équipement visant à créer ou mettre en valeur des énergies nouvelles et renouvelables, de même que leur location ou vente. C’est dans ce contexte que la SEMA a saisi la Ville de MÂCON afin de préciser qu’elle souhaitait augmenter son capital, modifier son objet social et connaître sa position sur cette augmentation de capital ainsi que son intention d’y participer ou non. Cette augmentation de capital interviendra en 2 temps :

  • Actuellement le nombre d’actions est de 32 790, pour une valeur unitaire de 166,70 €. Le capital social est de 5 466 093,00 € ainsi réparti : 46,66 % pour Mâconnais-Beaujolais Agglomération (MBA) et 23,33 % pour la Ville de MÂCON, le reste étant réparti entre des actionnaires privés. Par incorporation des réserves de la SEMA d’un montant de 272 157,00 € pour 32 790 actions, le capital sera porté à 5 738 250,00 € et l’action valorisée à 175,00 € sans modifier la répartition du capital entre les actionnaires.
  • Dans un second temps, il est proposé d’autoriser la SEMA à augmenter son capital social par une évolution du nombre d’actions par l’émission de 7 350 actions à la valeur unitaire de 175,00 €. La Ville de MÂCON participera à cette augmentation de capital par l’acquisition de 1 714 actions, soit 299 950,00 €, et portera la participation de la Ville de MÂCON à 1 638 700,00 € pour 9 364 actions détenues. Le capital social sera dorénavant de 7 024 500,00 € ainsi réparti : 46,67 % pour MBA et 23,33 % pour la Ville de MÂCON, le reste étant réparti entre des actionnaires privés.

Monsieur le Maire, chers collègues, Monsieur Dupuy,

il s’agit, pour la Ville de Mâcon, d’acquérir 1714 actions d’une valeur de 175€ soit un montant de 299 950€ et pour la SEMA d’augmenter significativement son capital de plus d’1 558 000€ afin de s’engager dans des études, constructions, exploitations de structures ou d’équipements en lien avec les énergies nouvelles et renouvelables y compris leur location ou vente. Ce nouvelle objet couvre plusieurs missions, c’est intéressant car il intègre la nécessité de diversifier les sources locales d’énergie en direction des renouvelables avec une maîtrise publique et encrée sur l’agglomération. Cette augmentation de capital et le nouvel objet social montrent une ambition forte de nos collectivités de se montrer présents sur l’enjeu environnemental, c’est important pour la ville et le bassin de vie.

Toutefois, est-ce le bon moment pour la SEMA de s’engager de cette façon ? En effet, les rapports suivant 16 et 18 témoignent de la complexité des opérations en cours. Du point de vu technique et commercial, les temps semblent- difficiles pour la SEMA.

Aussi, votre décision d’écarter les conseillers de l’opposition du conseil d’administration de la SEMA pèse défavorablement dans notre possible soutien à ce projet. Cette volonté de l’entre-soi dans la gestion de la SEMA, sur les projets qu’elle porte actuellement, nous interroge. Pour ces raisons, nous nous abstiendrons sur ce rapport.

Abstention.

Congrès des sapeurs-pompiers de France

Conseil Municipal du 4 mars 2024

Rapport 13 – Signature d’une convention d’objectifs entre la ville de mâcon et le comité d’organisation Saône-et-Loire 2024 du congrès national des sapeurs-pompiers de France

Monsieur le Maire, chers collègues,

après lecture du rapport et de la convention, une chose est sûre, c’est qu’on est sûr de rien… Et l’annexe jointe donne à penser que vous vous moquez du monde, celle-ci est vierge bien entendu puisque c’est le cerfa que l’association support aura à remplir une fois le congrès terminé.

Donc, Mâcon accueille le congrès national des sapeurs pompiers, promesse de remplir les hôtels et restaurants de Mâcon et sa région pendant 4 jours au moins avec des retombées commerciales inestimables mais certaines. Très bien. Surtout, nous saluons l’engagement des sapeurs pompiers qui au quotidien, assurent secours à la population.

Pour.

Vente des Halles

Conseil municipal du 4 mars 2024

Rapport 7 – Avenir des Halles – cession du tènement immobilier situé 27 rue des minimes à Mâcon à la sas OMC PROMOTION

Monsieur le Maire, chers collègues,

cette cession illustre votre échec du service municipal de la mission commerce. Sans moyens, sans stratégie lisible, voilà à quoi nous arrivons !

Les Halles Saint Pierre auront coûté cher au contribuable, à tout le moins 1,9 millions d’€ et le fruit de la cession ne couvrira pas les sommes investies. Sur ce point, les mâconnais ont le droit de connaître ces montants précis, tant en investissement qu’en fonctionnement depuis leur mise en service, tant par la Ville que par l’agglomération MBA. C’est cela que nous aurions voulu trouver dans les 85 pages que comporte ce dossier. Information bien utile pour apprécier justement le montant de la transaction.

Par ailleurs, une fois de plus, une seule voie pour gérer ce sujet : la vente. Pourquoi ne pas conserver la propriété des lieux et louer les locaux à la SAS OMC promotion ? Une opération de spéculation immobilière n’est-elle pas déjà prévue ? A l’heure ou l’agglomération est dotée d’une foncière à visée économique (71vest), cette décision de céder cet espace à une société privée semble à contre courant et incompatible avec les intérêts des Mâconnais.

Nous sommes opposés à cette cession et voterons contre.

Externalisation de missions d’urbanisme

Conseil Municipal du 4 mars 2024

Rapport n°4 – Externalisation temporaire des missions d’instruction des autorisations d’urbanisme en application de l’article l.423-1 du code de l’urbanisme

La loi ELAN (loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018) a modifié l’article L. 423-1 du Code de l’urbanisme en y inscrivant la possibilité de confier l’instruction des demandes d’autorisations du droit des sols à des prestataires privés. Du fait du maintien d’un nombre important de dossiers d’autorisations du droit des sols à instruire depuis 2020, de la difficulté à pourvoir les postes d’instructeurs du droit des sols et en application de l’article L. 423-1 alinéa 8 du Code de l’urbanisme, il apparaît nécessaire d’ouvrir la possibilité de confier à un prestataire extérieur l’instruction d’une partie des demandes de permis de construire et de démolir, de certificats d’urbanisme opérationnels, ainsi que d’une partie des déclarations préalables. Il convient de préciser que la Commune demeure décisionnaire et signataire de l’ensemble des décisions relatives aux demandes d’autorisation du droit des sols, cette externalisation est ainsi limitée aux seuls actes d’instruction. Par ailleurs, l’externalisation demeure sans conséquences pour les pétitionnaires puisque celle-ci ne remet pas en cause la règle du guichet unique en Mairie et n’entraine aucune charge financière pour les pétitionnaires.

Monsieur le Maire, chers collègues,

vous nous proposez d’approuver le principe de recourir à un prestataire privé mais une donnée reste inconnue, c’est l’incidence financière pour la collectivité ?

Vous évoquez la difficulté de recrutement, ce qui est le cas pour de plus en plus de métiers dans la fonction publique, tout versant confondu.

On pourrait y voir aussi un manque d’anticipation et une gestion prévisionnelle des métiers et des compétences, rigoriste, obéissant essentiellement à la ligne fixée par votre majorité : contenir les charges de personnel, quitte à réduire le service. C’est ainsi que la part des charges de personnel dans le budget de fonctionnement baisse depuis 2021, passant de 57,65 % en 2021 à 54,79 % en 2023, c’est presque 1 point de moins qu’en 2019 !

Il est temps d’agir en mettant en place de véritables mesures d’attractivité au plan national. Ainsi, Monsieur le député, si vous voulez vous rendre utile, un véritable rattrapage des rémunérations est nécessaire. La valeur du point d’indice doit être revue à la hausse ; 4,92€ depuis le 1er juillet 2023, sa valeur a augmenté de 0,25€ en 7 ans, compensant exactement la valeur de l’inflation 2023. Augmenter les rémunérations des fonctionnaires, c’est redonner de l’attractivité au secteur public et assurer aux administrés un service indépendant, juste et qui assure l’égalité de traitement entre les administrés. Dans le domaine de l’instruction du droit du sol comme pour les autres compétences attribués aux communes, c’est indispensable.

Notre volonté n’est pas de ralentir l’instruction des dossiers mais d’alerter sur la situation de l’emploi public, aussi, nous ne prendrons pas part au vote sur cette délibération.

Tribune presse RSA – vote CD71 – 2 avril 2023

Charité bien ordonnée…

A chaque nouvelle « saillie » du gouvernement, ma question est la même : comment osent-ils ? Et à chaque fois la même réponse m’est apportée. Ils sont dans leur rôle et leur logique : le mépris de classe, le sentiment de supériorité face à une masse qu’il faudrait dégrossir, au propre comme au figuré.

Récemment à Mâcon, en Conseil municipal, alors que nous comparions les 27 000 € attribués à l’organisation d’un concours de pétanque sur un week-end aux 22 000 € de budget complet annuel en matière d’aide d’urgence au CCAS, notre maire nous répondait que les manifestations sportives rapportent de l’argent.
Encore a-t’il eu la décence de ne pas préciser, à l’instar de sa nouvelle idole, que les pauvres nous coutent un « pognon de dingue ».


Mais c’est bien de cela qu’il s’agit.
Au sommet de l’Etat, comme ici dans notre petite ville préfecture, il faut faire la chasse aux pauvres. A Mâcon ou sur l’agglomération, il convient de diminuer les aides sociales, de refuser d’indexer les aides aux loisirs sur les revenus réels des familles, de refuser de clarifier les conditions d’attributions de subventions, de refuser de créer des places en crèches publiques, et on va jusqu’à refuser de pratiquer comme le veut la loi, une analyse des besoins sociaux.  
Et ici comme au national, il y a un « en même temps ».
Car en même temps, on distribue aux « partenaires » économiques locaux : 300 000 € de subvention directe au seul club de rugby chaque année et ce sans les aides exceptionnelles (on se souvient encore du chapiteau à 80 000 € en pleine crise Covid), ou encore 850 000 € à l’association Inobiz en 3 ans avec une mise à disposition gratuite de locaux hauts de gamme rénovés au frais du contribuable, des commandes à tout va à des cabinets d’études sur à peu près tous les sujets pour un résultat plus que décevant en termes de réalisations. La liste pourrait être longue. Il suffit de se pencher sur les budgets qui seront votés cette semaine à la Ville comme à l’Agglo…

Mais ce matin, à l’instar du national qui touche le fond avec le président de la République qui accorde une entrevue à Pif Gadget ou une secrétaire d’État dans Play boy, nous avons un article majeur dans le Journal de Saône-et-Loire sur les grandes orientations départementales : « Un nouveau règlement plus sévère pour les bénéficiaires du RSA ».

C’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches écrivait Victor Hugo. Et nos petits gouvernants locaux se font les zélés serviteurs de cette maxime.

Car il s’agit bien, encore et toujours, d’écraser les plus précaires, ceux qui peu à peu se résignent à leur condition et, dans un processus on ne peut plus pervers, de leur renvoyer cette résignation comme une nouvelle faute sociale.

« Ce qui n’est pas entendable, c’est que des gens s’installent dans le RSA comme revenu », nous déclare Mme Christine Robin avec l’immense assertivité que nous lui connaissons tous. Péremptoire, le ton tranchant, elle explique que les bénéficiaires du revenu minimum se complaisent dans cette situation et s’y « installent », le terme n’est pas neutre, dans une sorte de choix délibéré et irresponsable.

Mais le ton péremptoire ne saurait cacher la triste réalité : après le durcissement des règles pour les chômeurs, conduisant inévitablement à des radiations de Pôle Emploi, voici le durcissement des règles d’attribution et de maintien du RSA.

Et bien nous y voilà, car comme l’exprime très bien l’autrice Alice Zeniter : « certaines personnes non-pauvres estiment que c’est pour elles un devoir de contrôler le pauvre pour la simple et bonne raison que, elles, ne sont pas pauvres et qu’elles arrivent à croire que si elles ne sont pas pauvres, c’est qu’elles savent gérer, investir ou faire fructifier, tous ces termes de non-pauvres que le pauvre ne connaît pas, que le non-pauvre pense que le pauvre ignore par bêtise ou par paresse. (…) le non-pauvre est donc d’accord pour aider le pauvre mais à condition qu’il puisse aussi éduquer le pauvre, à condition que le pauvre soit un bon pauvre ».

Et qu’est-ce qu’un bon pauvre pour la majorité départementale ? Et bien là aussi Mme Robin a une réponse et nous en livre une belle définition : un pauvre employable, un pauvre qui sait saisir la main tendue, un pauvre qui joue le jeu, un pauvre en mouvement, …

Cela revient à considérer également que le pauvre est responsable de ce qui lui arrive et que ses freins à l’emploi relèveraient de sa responsabilité pleine et entière alors que nos territoires ne sont pas en mesure de proposer les solutions qui leur incombent : une offre suffisante en santé et en logement, une offre de transports adaptée aux besoins en déplacements, une offre de garde d’enfants adaptée aux horaires et aux contraintes financières des familles, etc.

Pour en revenir à Mme Robin, il semblerait que nous serons difficilement d’accord et que nous ne vivons décidément pas la même réalité.
Car la sienne est claire : elle est faite de certitudes du haut de son passé de cheffe d’entreprise, comme du haut de ses innombrables mandats passés et présents et, pour ne reprendre que les présents : du haut de ses indemnités de maire, du haut de ses indemnités de vice-présidente de l’agglomération MBA, du haut de ses indemnités de vice-présidente du Conseil départemental de Saône-et-Loire, du haut de ses indemnités de présidente du Pôle d’Equilibre Territorial et Rural.

Autant de postes financés par le contribuable qui mériteraient grandement, pour chacun d’eux, une personne à temps plein. Une personne qui pourrait réellement s’emparer des sujets liés à sa fonction et aux besoins de ses administrés. Il y a une solution simple pour en finir avec la pauvreté, c’est le partage. Le partage du travail bien sûr, mais aussi et surtout le partage des richesses. A Mâcon, comme ailleurs.

Et puisque nous parlons de « nos pauvres », je me contenterai de rappeler ici à nos élus que « charité bien ordonnée commence par soi-même ».

Catherine Amaro
Conseillère municipale et communautaire à Mâcon

Vente des Halles : Plutôt qu’avouer votre échec, vous bradez les bijoux de famille !

Conseil Municipal – Mars 2024

Mesdames, Messieurs,

Nous apprenions ces jours par voie de presse et sans que le sujet apparaisse ne serait-ce qu’à l’ordre du jour de la commission Économie que l’avenir de nos Halles ne tient plus qu’à votre volonté de vous en débarrasser.

Passé le choc, la surprise, puis l’agacement sur le procédé, vient le temps de l’analyse du rapport.
Vous reprenez ici allègrement, en introduction, les éléments de langage de votre dernière campagne, voire je crois, de la précédente.

Mais, depuis le projet a bien avancé :

Nous voilà donc pourvus d’une belle résidence senior de 79 logements… Et à ce sujet, pouvez-vous nous indiquer le nombre de logements occupés à ce jour ?

Equipés également d’un parking souterrain « public » de plus de 100 places ; bien pratique il est vrai, si ce n’est que ce parking est géré en DSP – en délégation de service public et non en direct – et ne propose par exemple pas de formule d’abonnement pour les personnes travaillant en ville.

Puis bien sûr l’espace commercial à vocation de Halles,
avec en son centre le cloître historique du couvent.

Ce fameux espace commercial, tant attendu, et 1000 fois annoncé !
Ce fameux espace commercial rempli une première fois en dupliquant les commerces du centre-ville…

Commerces qui non seulement ont fermé sur le site des halles, mais qui pour certains sont partis pour Charnay.
Commerces haut de gamme, il est vrai, correspondant finalement assez peu aux besoins de la population du centre-ville qui n’a eu de cesse de s’appauvrir ces dernières années.

Et vous faites bien de rappeler que tout cela a été financé par de l’argent public !

Les différents FISACs (fonds d’intervention et de secours à l’artisanat et au commerce), plus récemment l’opération Cœur de Ville, mais aussi les fonds européens Feader pour la création d’une maison du tourisme et des produits du terroir – opération lancée en 2016 et qui devait être achevée au plus tard au 30 juin 2023…

Bref, ce qui devait être le cœur de la revitalisation de notre centre-ville est en train de finir en pure opération immobilière.

Car plutôt que d’avouer votre échec, de reconnaitre enfin que vous pataugez depuis des années sur le dossier, vous annoncez comme une victoire le fait de vendre les bijoux de famille et sans même prendre l’avis des Mâconnais.

Nous lisions dans la presse ces jours que priorité serait donnée à des commerces déjà installés dans la Ville. On fait donc l’erreur une fois mais plutôt que de modifier la trajectoire, on tente de la répéter.

Et vous nous proposez comme une brillante idée de dire adieu à l’implantation de producteurs locaux.

Car si j’en crois toujours l’article du JSL, plus complet que le rapport qu’il nous est proposé d’étudier et de voter ce soir, une dizaine de stands de « food court », c’est-à-dire de restauration rapide, seront proposés.

C’est vrai qu’on en manquait…

Un article récent nous plaçait 3ème en France en nombre de burgers, kebabs et autres tacos ramenés au nombre d’habitants.

Mais de quoi s’agit-il exactement ? Quelles enseignes sont envisagées, où sont les cuisines de ces établissements ?
Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on s’écarte de l’idée qu’on peut se faire de la promotion du terroir.

Pour ce qui est enfin de l’opérateur choisi, et si j’en crois un article de la Voix du Nord ou un autre encore dans les Echos du Touquet concernant les halles d’Etaples, commune du Pas de Calais, Place Ô marché survit tant bien que mal là-bas et n’a plus que deux commerces sur les 5 au départ.

Et qui peut donc aujourd’hui nous confirmer qu’au terme des 5 ans prévus dans le projet d’acte de cession, la société OMC PROMOTION, propriétaire de l’enseigne Place ô marché, ne transformera pas elle-même ces anciennes halles publiques en nouvelle opération immobilière.

Vous nous mettez aujourd’hui devant cette décision comme devant un fait ou plutôt un méfait accompli.

Tribune presse – Un député tout en discrétion – 22 février 2023

Un député tout en discrétion

« Discret dans les médias, le député du Mâconnais-Clunisois, Benjamin Dirx, revient sur les quinze jours de débats à l’Assemblée nationale sur la réforme des retraites ». C’est par cette accroche que la presse locale introduit l’interview de Monsieur le député.

Et quelle discrétion en effet !
Une discrétion telle qu’il a refusé de s’exprimer localement, tous médias confondus, sur cette réforme qui pousse des milliers de personnes dans les rues. Sa discrétion est telle qu’il n’a jugé bon d’apparaitre que pour la Saint Valentin, aux côtés de quelques personnalités locales.

On retrouve ainsi le même souci de discrétion lors des débats à l’Assemblée nationale sur le repas à un euro pour les étudiants, puisqu’il a préféré être absent.

Discrétion encore, quant à la durée des débats sur la réforme des retraites à l’Assemblée nationale, puisque M. Dirx omet de préciser que le gouvernement a choisi d’écourter les échanges. Les débats n’auront duré que 9 jours parce que le gouvernement a fort opportunément choisi de passer par un budget rectificatif de la Sécurité sociale, avec le fameux article 47-1, permettant de transmettre le texte directement au Sénat sans vote.

Discrétion à nouveau quand M. Dirx avoue qu’ « il est souvent compliqué de calculer la pension que le retraité obtiendra. (Qu’) il y a quasiment autant de cas que de Français ». Doux euphémismes pour expliquer que le travail des députés insoumis a permis de clarifier quelques points : la retraite à 1 200 € ne concernerait finalement que quelques personnes en France, tout comme le dispositif les « carrières longues » pourrait permettre à certains salariés entrés tôt sur le marché du travail de cotiser 44 annuités (sic).

Discrétion aussi quand il affirme vouloir sauver le système par répartition «présenté comme « à bout de souffle », oubliant que même le président du Conseil d’Orientation des Retraites estime cette réforme inutile et injustifiée.

Discrétion absolue également quand M. Dirx évoque les « avancées sur l’index senior », manière élégante d’avouer que cet article 2 du projet de loi a été rejeté, et cela même par ses amis LR.

Discrétion enfin, quand il s’enorgueillit modestement du taux de chômage dans la circonscription, omettant radiations, travail à temps partiel, critères de pénibilité disparus.

Et bien voilà, que voulez-vous, Monsieur Dirx est un homme discret, tout en nuances et en précautions, qui s’apitoie sur le niveau des échanges à l’Assemblée.

Rappelons-lui tout de même, si cela peut aider, que l’Assemblée nationale n’est pas une chambre d’enregistrement mais bien un lieu de débats, d’échanges, de confrontations d’idées et d’arguments.

Pour conclure avouons, comme lui, que les mots ont une valeur et que les éléments de langage de la majorité retranscrits mot à mot n’ont de valeur que pour ceux qui veulent encore y croire.