300 personnes ont défilé dans les rues de Mâcon pour la sauvegarde du climat

« Elles ont répondu à l’appel de 13 organisations mâconnaises ce samedi après-midi, jour de mobilisation mondiale lancée par la coalition mondiale pour la COP27 qui appelait à marcher et se rassembler pour faire entendre la voix des citoyens partout dans le monde.

Trois cents personnes présentes dès 14h place Saint-Pierre suite à l’appel d’Attac Mâcon, de Mâcon Citoyens, de Refondation 71, de GRS 71, d’EELV, de LFI, du PG, de “Pas d’Eclat” (contre le projet de parc d’attraction à Tournus), des PS, PCF, CMPS, d’ EcoLogicAction 71 (contre les Center Parcs de Bourgogne-Franche-Comté), et de “La confédération paysanne”.

Trois cents personnes parties de la place Saint-Pierre après des prises de paroles de LFI avec Catherine Amaro, Olivier Leprévost (co-chefs de file LFI sud Bourgogne) et Stéphane Kerckhove (délégué général d’Agir pour l’environnement). La manifestation a pris l’avenue Edouard Hérriot jusqu’au carrefour de l’Europe pour un retour en passant devant l’Hôtel de ville côté Saône direction du Pont de Saint-Laurent où une prise de parole fut faite par Eve-Comtet Sorabella, conseillère municipale d’opposition.

Centre-ville par les rues Philibert Laguiche et de la Barre où eut lieu un incident perturbant la manifestation qui se disloqua Place de la Barre, annulant alors le reste du parcours prévu. » *

Le Collectif Mâcon Citoyens adresse ses plus sincères vœux de prompt rétablissement à Anne Perret, manifestante saint-laurentine blessée.

* Extrait de l’article de Michel Simon Pelletier sur le site web de Mâcon Infos. Lien vers l’article complet : https://www.macon-infos.com/index.php?option=com_content&view=article&id=36763:macon-manifestation-pour-le-climat-a-l-appel-de-13-organisations&catid=91&lang=fr&Itemid=294

Retours sur la réunion consacrée au Plan local d’urbanisme (Plu)

Cette rencontre, qui s’est déroulée le 20 octobre dernier à Flacé, a réuni une centaine de personnes. Mâcon Citoyens vous propose de (re)découvrir les supports de cette réunion ainsi qu’un retour « photos ».

L’INTERVENTION CONCLUSIVE D’EVE COMTET-SORABELLA, PRÉSIDENTE DU GROUPE D’ÉLUS « MÂCON CITOYENS »


A quel besoin répond la révision du PLU et pourquoi ce PLU ne doit pas s’appliquer ?

« Le PLU actuel date de 2007, il a connu des modifications, la dernière datant de 2022

(modification N°5 – déplacement des stades de foot de la Chanaye sur des terrains

actuellement agricoles et forestier).

Le Maire, la majorité municipale souhaitent rendre possible le développement économique futur de la ville et des communes associées de Loché, Sennecé et St Jean-le-Priche avant que la loi ne soit trop restrictive en matière d’artificialisation des sols. La Loi Climat et résilience est vécue par l’équipe de M.Courtois comme une limitation excessive au développement économique tant sur le versant promotion immobilière d’habitation que commerciale.

Ainsi, pour la majorité municipale, il faut agir vite, avant que cela ne soit trop tard pour pouvoir continuer sur la même trajectoire que celle initiée dans les années 90 :

consommation des espaces agricoles et naturels afin de multiplier les zones économiques et commerciales périurbaines, maintien de la logique pavillonnaire d’étalement urbain. Pour donner de la cohérence à cette possibilité de développer les zones économiques, l’urbanisation est prévue pour atteindre un objectif de croissance démographique beaucoup trop ambitieux, qui finalement n’est pas crédible.

Pourtant, Mâcon et ses communes associées ont de nombreux atouts permettant à la fois de répondre aux projets d’activités économiques et de repeuplement de la ville centre :

• par l’utilisation des espaces vacants déjà urbanisés telles les friches industrielles et commerciales – ce qui est fait sur le secteur de la Darse Nord appelé «Saône Digital» – et pourrait donc être fait ailleurs,

• le renforcement des aides à la réhabilitation des logements vacants – estimés à 1600 sur Mâcon – par l’Opération Programmée d’Amélioration de l’Habitat – Rénovation Urbaine (OPAH-RU),

• l’utilisation des dents creuses pour densifier ou aménager autrement l’espace urbain pour le rendre plus attractif et mieux adapté aux contraintes climatiques présentes et à venir,

• l’utilisation des friches industrielles et commerciales.

Quel sont les objectifs recherchés par les contributeurs à l’enquête publique et les élus Mâcon Citoyens ? Un développement harmonieux, cohérent et adapté au changement global, permettant aux habitants de maintenir leur confort de vie et même de l’améliorer – lutter contre le phénomène de ruissellement, retrouver de la fraîcheur en période de chaleur, réduire les nuisances liées au trafic routier – bruits, pollution atmosphérique, accidents et insécurité routière – renforcer la place des mobilités douces dans les déplacements.

Pour ce faire, il faut aboutir à l’annulation du projet de révision. Elle entraînerait le maintien du PLU de 2007 et des modifications en fonction des besoins. Elle permettrait d’attendre l’adoption du Schéma de cohérence territoriale (SCOT) qui devrait intervenir en 2023 et la prise de compétence « plan local d’urbanisme » par l’agglomération MBA aboutissant à terme à la production d’un PLU intercommunal, celui-ci serait alors cohérent avec le plan local de l’habitat dont la compétence est intercommunale et le schéma des mobilités. »

« Choix de la sagesse » ou choix de la SAGS ?

Lors du dernier conseil municipal un rapport concernait le choix de gestion des parkings ouvragés à avoir 3 parkings existants (Centre, Lamartine, Rambuteau) et un prévu pour ouverture au  printemps 2023 (les Halles) pour un total de 752 places de stationnement. Ce service est géré actuellement  dans le cadre d’un Délégation de service public (Dsp) confiée à la SAGS (Société d’Assistance et de Gestion du Stationnement) du groupe Sogedi (Société de Gestion Dirx)  et sa société locale dédiée Mâcon Parcs. Ce rapport 19 a occupé pas loin de 30 minutes de cette séance. La Commission consultative des services publics locaux (Ccspl) avait été convoquée préalablement le vendredi 23 à 10h. Convocation envoyée par courrier avec accusé de réception avec comme toujours le délai respecté prévu par la loi. Courrier donc reçu le lundi pour une réunion le vendredi. Quand tu n’es ni rentier, ni retraité, pratique pour t’organiser. .. Pour information, en 2021, la réunion s’est tenue un mercredi après-midi à 15h ! Je ne dois pas être le seul à qui cela pose problème puisque seuls trois  élus étaient présents. À noter l’absence de l’ensemble des cinq associations dites représentatives pour la défense de l’intérêt des mâconnais. Ce qui pose la question du choix de ses associations en début de mandat  pour siéger à cette commission obligatoire. Je pense notamment à l’association des pêcheurs « La Parfaite » et le « Yacht Motor Club »…

UNE DÉCISION PRISE SANS ANALYSES RÉELLES

Pour se faire aider dans ses choix, la municipalité a lancé une Assistance à maitrise d’ouvrage (Amo) et sélectionné la SCET  (Services Conseils Expertises Territoires), filiale de la Caisse des Dépôts.

Je vous invite à écouter l’intervention du conseiller de la SCET, sur le site de la Ville. Comment ne pas  s’étonner de ses « on passe, on passe » et de ses nombreuses hésitations et de son manque de conviction ?

Plusieurs scénarios sont juridiquement et économiquement possibles : gestion publique, directe par la collectivité (la régie) ou gestion privée (le marché public ou la Dsp). Autre possibilité, la création d’une Société d’Économie Mixte (la collectivité garde la majorité du capital ouvert à des intervenants privés). Cette dernière solution peut avoir  du sens quand il s’agit de réaliser les équipements lourds à financer : stationnement en silos, en souterrain.  À Mâcon rien de tout cela, les équipements existent et ont été financés par la collectivité territoriale. Il y a donc un  véritable choix de mode de gestion publique ou privée à opérer.

Dans une municipalité ouverte à la concertation et non dogmatique, nous aurions des éléments chiffrés totalement sincères avec les différents scénarios, les chiffres d’affaires, les coûts  pour la collectivité (frais de fonctionnement, budget d’investissement).

Mais dans le cas de l’Amo – Assistance à Maitrise d’Ouvrage – du SCET rien de tout cela, juste une ligne « risque d’exploitation » et « nécessité d’une expertise  en relation clientèle, publicité marketing » pour privilégier le choix du privé. Le consultant présente un logigramme qu’il reconnait lui-même comme « illisible », c’est peu dire … Aucune analyse comparative sérieuse. Cela semble surprenant pour une municipalité qui évoque en permanence une gestion « en bon père de famille ». La majorité comprend  de plus des chefs d’entreprise actuels ou anciens et des cadres dirigeants. Réalisent-ils leurs projets d’investissement dans le cadre de leurs entreprises privées dans de telles conditions sans connaitre les performances économiques attendues, les coûts directs et indirects prévisionnels ? Surprenant, non ?

LE REJET A PRIORI DU CHOIX DE LA RÉGIE PUBLIQUE

Le choix de la gestion en régie est donc  vite évacué. Pourtant, avec le mode de gestion en Dsp, la Ville se prive de 500 000 €  de recettes annuelles en espérant ne pas avoir à verser au gestionnaire  comme cela a été le cas jusqu’à 80 000 euros certaines années notamment pour compenser la gratuité de la première demi-heure et pendant la pause méridienne. Ce manque à gagner pour les finances publiques locales mérite réflexion non ? 

Elle se prive surtout de gérer elle-même la tarification, de conduire une réflexion sur par exemple la gratuité le samedi après-midi proposition émanant de certains commerçants qui mérite réflexion si accompagnée d’une véritable offre de transports publics et d’une politique de mobilité douce.

Catherine Amaro et Ève Comtet-Sorabella sont intervenues pour obtenir des informations complémentaires et dénoncer le choix idéologique de la gestion privée. Rappelons ici que pas loin de 500 000€ ont été versé en cinq ans à Mâcon Parc. Sur le dernier exercice, 80 000€ d’argent public ont été reversés. Ils ont permis à Mâcon Parcs de couvrir les frais de personnel ainsi que de reverser 30 % à la SAGS, société mère, au titre des frais de structure…

Lors de son intervention, La cheffe de file du groupe « Mâcon Citoyens »a aussi posé la question des fissures du parking Lamartine et de l’absence de risque financier réel pour le délégataire.

LA MAUVAISE FOI POUR TOUTES RÉPONSES Á NOS QUESTIONS

Gérard Colon répond qu’il y a eu des calculs très précis effectués. Ah oui lesquels ? Pourquoi n’en sommes-nous  pas destinataires alors ? Au passage, il évoque le retard du chantier des Minimes lié au Covid et dans un bel euphémisme « quelques problèmes d’infrastructure ». Il a bon dos le pangolin !

Dans sa réponse, le maire a évoqué l’absence de technicité des services municipaux. Ces derniers  gèrent pourtant, ne l’oublions pas les parkings en voirie –les parcmètres. Il avait fait la même réponse  sur la technicité pour s’interdire la gestion en régie du service de l’eau, possible à Gueugnon !!!

Il a osé évoquer 27 emplois nécessaires pour couvrir le service quand la Mâcon Parcs emploie à peine quatre salariés et que l’AMO en prévoit 2,5 équivalents temps plein. Ce qui serait possible à Bourg-en-Bresse ne l’est pas à Mâcon ? De qui se moque-t-on ? La ville-Préfecture de l’Ain a repris en régie il y a quelques années l’ensemble de la gestion du stationnement

Le contrat de Dsp est prévu d’une durée de huit ans et non plus cinq afin d’assurer la rentabilité du gestionnaire mais où est l’intérêt de la population et des utilisateurs des parkings en ouvrage ?

Alors cette délibération,  «  choix de la sagesse »   comme énoncé par Gérard Colon ou prémices d’un choix de la SAGS dont on sait les liens entre un membre éminent de notre conseil et cette société dont il a été cadre dirigeant !

Le cahier des charges serait en cours de rédaction, la réception des offres et les négociations avec les candidats devraient démarrer en janvier prochain pour un vote en Conseil municipal au printemps.

Bien évidemment, et comme d’habitude, les élus minoritaires seront écartés de ces étapes préliminaires.

Ce rapport a été approuvé par la majorité, une seule abstention (l’élu Rassemblement National) et six contre (les élu.e.s Mâcon Citoyens).

Texte et photo : Emmanuel Jallageas

À Mâcon, nouvelle revue mais vieilles méthodes…

Nous relayons un communiqué de REFONDATIONS 71 :

À Mâcon, nouvelle revue mais vieilles méthodes…
Mâcon est décidément une ville fort bien gouvernée, Monsieur Courtois s’en vante dans son nouveau
magazine et prend ainsi le temps de nous en informer mais seulement une fois tous les deux mois. Quelle retenue !
N’est-ce pas cependant normal que les citoyens aient connaissance, même s’ils n’ont aucun pouvoir, de ce qu’une minorité dirigeante décide pour eux ?
Mais cela commence mal, la communication n’est pas complète. Le nouveau PLU* proposé par la ville a été DÉSAPPROUVÉ par la commission d’enquête publique et cela n’est mentionné nulle part. Vu l’importance d’un PLU pour une commune, cette omission volontaire est scandaleuse. Le PLU Courtois est basé sur une vision passéiste de la ville avec un grignotage des terres arables (voire bio) afin de construire et loger à terme 40 000 habitants alors que la population stagne depuis les années 2000 à un peu plus de 30 000 .
Le réchauffement climatique exige une politique différente et réfléchie : plus de lieux végétalisés, moins de voitures et la rénovation du bâti existant . La Mission Régionale d’Autorité environnementale (MRAe) dénonce dans son rapport le peu de crédibilité des projets et des oublis, par exemple la disparition du stade de Flacé.
Il est impératif que la majorité municipale prenne conscience que nous ne vivons plus au 20ème siècle.
Nous attendons avec impatience et inquiétude la nouvelle mouture du PLU.

*Rappel : Le PLU a pour but de donner les orientations globales d’un territoire (urbanisme ,transport,habitat…) autour d’un projet d’ aménagement et développement DURABLE. (OUI il y a bien l’adjectif DURABLE).

REFONDATIONS 71

Mâcon : 5 infos à retenir du dernier conseil municipal (26/09/2022)

1. L’action des élus Mâcon Citoyens

Lundi soir, un quart d’heure avant le lancement de la séance du conseil municipal, les six élus du groupe Mâcon Citoyens ont investi l’hémicycle pour manifester de manière silencieuse. Objectif ? Alerter sur les urgences du moment : climat, précarité, santé, démocratie…

Interrogés par le Journal de Saône-et-Loire, Ève Comtet Sorabella et Gabriel Siméon ont expliqué vouloir « à tout prix et par tous les moyens réveiller les consciences de chacun. L’idée étant tout simplement mais avec force et conviction de provoquer un électrochoc. »

L’action s’est déroulée dans le calme et sans perturber la séance du conseil municipal.

Lire l’article du Journal de Saône-et-Loire : « La manifestation silencieuse et symbolique de Mâcon citoyens »

Lire l’article de Mâcon Infos

Eric Ponchaux et Catherine Amaro
Gabriel Siméon et Delphine Mermet
Ève Comtet Sorabella et Emmanuel Jallageas

2. La rénovation énergétique du Centre omnisport de Mâcon

Situé à proximité du quartier de Marbé au nord de la ville, le Centre omnisport de Mâcon (COM) est un bâtiment assez ancien datant des années 1950 et qui présente un déficit d’isolation thermique très important. La Ville de Mâcon envisage sa rénovation thermique pour améliorer les gains énergétiques (d’environ 55 % par rapport à la consommation actuelle de l’équipement) et le confort des utilisateurs en saisons estivale et hivernale.

Le conseil municipal a voté lundi à l’unanimité en faveur du dépôt d’une demande de financement à l’Agence nationale du sport à hauteur de 495 000 euros. Le coût estimatif des travaux de rénovation thermique sur l’ensemble du bâtiment s’élève à 3 085 000 euros HT.

Les travaux suivants sont envisagés : le remplacement des menuiseries extérieures, l’isolation thermique des façades, des toitures et des sous-face de dalle du rez-de-chaussée, ainsi que le désamiantage de l’équipement.

Ève Comtet Sorabella, présidente du groupe Mâcon Citoyens, est intervenue pour demander si la pose de panneaux solaires en toiture pouvait être étudiée dans le cadre de l’étude technique préalable aux travaux. Le maire Jean-Patrick Courtois ne l’a pas exclu, sans toutefois manifester d’intérêt particulier pour la production d’énergie à partir de panneaux photovoltaïques.

3. Une convention d’objectifs avec la Maison de santé du Mâconnais

L’association Maison de santé du Mâconnais (MSM) offre un accès aux soins infirmiers toute l’année (7j/7) et participe à l’effort de promotion et d’éducation sanitaire pour les Mâconnais. Son action vise en particulier les populations issues des quartiers de la géographie prioritaire de la politique de la ville.

Ève Comtet Sorabella a regretté que le rapport présentant cette délibération ne soit pas plus précis sur les actions de prévention de la MSM, d’autant que la prévention permet d’éviter le recours à des soins lourds et coûteux, deux motifs pour soutenir et développer des politiques de préventions.

« Il est un domaine qui mériterait une réelle attention de votre part pour l’année 2023, et une véritable démarche de prévention au long cours, c’est celle de la prévention des maladies vectorielles transmises par les moustiques. En 2021, je vous avais déjà sollicité à ce sujet et vous aviez trouvé ça drôle, allant même jusqu’à la moquerie. Alors, nous aimerions savoir si les moustiques vous font toujours rire.

Nous attendons une véritable démarche de lutte contre la prolifération des moustiques. Cette lutte s’appuie à la fois sur des démarches d’éducation sanitaire de la population pour se protéger, pour détruire les gîtes larvaires autour des habitations, promouvoir la biodiversité permettant l’installation durable des prédateurs – oiseaux, chauve-souris, batraciens et libellules – installer des pièges à CO2 et surtout ne pas attendre pour agir. »

4. Une délégation de service public pour l’exploitation des parkings du Centre, Rambuteau, Lamartine et des Halles

Le conseil municipal a été invité à se prononcer sur le choix du mode de gestion du stationnement hors-voirie des trois parkings en ouvrage (Lamartine, Centre et Halles) et du parking de surface Rambuteau : en gestion directe (régie publique) ou en gestion déléguée à une entreprise privée (délégation de service public).

Sauf qu’aucune véritable analyse comparative des coûts pour la collectivité entre ces deux modes de gestion n’accompagnait ce projet de délibération, comme l’a fait remarquer Catherine Amaro. Rendant de fait impossible aux élus de se faire un avis personnel avant de voter, en faveur ou non, sur le principe de cette délégation de service public. « Vous ne présentez absolument pas ce qui me semble fondamental, à savoir le coût pour la collectivité et les tarifs aux usagers dans le cadre d’une mise en régie directe. Rien. Juste une conclusion plus que sommaire à savoir je cite, page   6 : « La collectivité ne souhaite pas rentrer dans une telle configuration ». Mais aucun argument concret pour le justifier. Aucun chiffre, aucune comparaison », a regretté l’élue.

« En fin de délégation, fin juin 2023, cela fera 15 ans de délégation avec la même entreprise, a pour sa part souligné Ève Comtet Sorabella. Je rappelle que le contribuable Mâconnais a versé 660 000 euros de contribution à cette entreprise sur les dix années de la délégation précédente et 334 980 euros de plus à la fin de celle-ci [soit près d’un million d’euros au total]. Je maintiens que cette délégation est coûteuse pour la collectivité et donc le contribuable. Si une entreprise privée est intéressée par ce marché, c’est qu’il a un intérêt financier. En proposant la délégation de ce service, vous privez la collectivité des recettes apportées par le stationnement qui seraient utiles pour financer les investissements futurs et vous servez des intérêts privés. »

Les élus du groupe Mâcon citoyens ont voté contre cette délibération, qui a néanmoins été adoptée par le conseil municipal.

5. La création d’une maison des produits du terroir

La mairie souhaite créer à Mâcon une Maison des produits du terroir pour faire la promotion des produits locaux et permettre à un touriste de court passage de retrouver tous les produits dans un même lieu. Son coût prévisionnel est estimé à 1,6 million d’euros hors-taxes dont 740 000 euros seraient, a priori, à la charge de la Ville de Mâcon.

« Les Halles Saint Pierre ont coûté 877 000 euros, c’était en 2015. Depuis, Mâcon a vu son unique poissonnier partir pour Charnay-lès-Mâcon, le fromager installé lui aussi sur cette même place l’a suivi et des commerçants de produits locaux, du terroir, ont mis la clé sous la porte, le dernier était justement situé à deux pas d’ici, place Saint-Pierre, dans un très joli local commercial, accueillant et chaleureux », a fait remarquer Ève Comtet Sorabella.

« Cette Maison du terroir ne nous semble pas viable, pas en mesure de répondre aux objectifs que vous lui fixez. Nous ne validerons pas ce projet à 1,6 million d’euros dont le coût total ajouté à celui des Halles est invraisemblable : 2 461 000 euros! Il ne réunit pas les conditions de la réussite : les habitants du centre-ville sont pauvres et le tourisme pas suffisamment développé. Vous faites de mauvais choix et j’en veux pour preuve la récente fermeture du bassin d’agrément de la piscine. C’est aussi la chronique d’un échec annoncé. »

Le collectif Pas d’Eclat demande des comptes au président Accary.

Nous relayons un communiqué du collectif Pas d’ECLAT :

Des millions d’euros d’argent public engagés en catimini au profit d’un projet privé. Sans débat, sans justification, sans contrôle !

Devant le siège du Conseil départemental à Mâcon ce jeudi 29 septembre 2022, Le Collectif Pas d’ECLAT interpelle le président du Conseil, André Accary, afin qu’il rende public le budget prévisionnel des différents projets d’aménagement de la zone nord de Tournus liés au projet de parc d’attractions ECLAT à Tournus.

En effet, même si le parc ECLAT et ses 8 hectares de divertissements étaient financés par des investisseurs privés (1), 16 hectares additionnels, achetés par le Département pour 2,1 M€, seraient développés pour y construire, entre autres, un parking, une boutique de produits locaux, un pont et un espace touristico-agricole. Tous ces équipements et activités qui viendraient en support du parc d’attractions seraient financés par l’argent public :

1. Un parking de 7 hectares pour 900 places de stationnement avec un parking pour bus, situé entre la ligne SNCF et la RD 906. Il serait conçu « non comme de simples parkings mais comme des espaces publics paysagers » offrant différentes strates de végétation. Il serait équipé de panneaux photovoltaïques. Un parking de luxe.

Au centre du parking, le bâtiment Montplaisir serait converti « en maison d’accueil et d’attractivité du territoire », agrémenté d’un large parvis à l’est et à l’ouest et pourvu de toutes les aménités publiques requises pour accommoder les occupants de 900 véhicules.

Selon nos informations, ces équipements seraient la propriété d’une Société d’Economie Mixte (SEM) financée en grande partie par le Département. Quel est le budget prévisionnel pour la construction et la gestion de ces équipements ? Qui seraient les autres investisseurs de la SEM ? Des études de marché, de faisabilité et de réversibilité ont-elles été réalisées ?

2. L’accès au parking se ferait par la RD 906, nécessitant un nouveau giratoire. Assumons que ce sera à la charge du Département.

3. La « passerelle ». Un large pont pédestre au dessus de la ligne SNCF, reliant le parking au parc d’attractions et à un espace agro-touristique. Une structure imposante vu la hauteur des caténaires du TGV et l’impératif d’une pente douce. Elle serait équipée d’un ascenseur. Combien de millions d’euros coûterait cette « passerelle » ? Qui paierait ?

4. L’espace touristico-agricole sur environ 3 hectares. Des serres et autres bâtiments techniques seraient installés ; des voies d’accès et des allées seraient aménagées entre la passerelle, la Saône et le centre-ville. Quels fonds publics seront utilisés pour gérer et animer cet espace ? La SEM ou la Commune ? Le Département a-t-il vocation à rester propriétaire du foncier ?

5. Ces projets nécessiteront l’installation de réseaux (eau, assainissement, gestion des eaux pluviales, électricité, communication, etc.) et surtout de multiples voiries les reliant entre eux et avec le centre- ville. Qui paiera ?

6. Qui paiera pour les études (trafic, bruit, etc.), l’architecte, le montage juridico-financier, les assurances, la gestion de la SEM, les emprunts bancaires, etc. ?

7. Il est établi que les 16 hectares achetés par le Département sont dédiés au projet ECLAT. Cela est confirmé par le titre-même de la convention d’acquisition avec la Safer mais aussi dans le magazine du Département n°29 (page 9) qui déclare que « le Département a conventionné avec la Safer pour acquérir 16 hectares de terrains destinés au projet ECLAT ».

Or, sur ces 16 hectares, environ 5 hectares dans le quartier Saint-Jean sont réservés pour un projet immobilier de 50 logements sans relation, ou si peu, avec le projet ECLAT (on mentionne la possibilité de quelques appartements en hébergement touristique).

Est-ce un moyen de faire passer le projet Saint-Jean sous les radars ? Qui sont les investisseurs ? Qui est le maitre d’œuvre ? Qui gérerait les quelques hébergements touristiques envisagés ? Qui en serait propriétaire ? Le Département restera-t-il propriétaire du foncier ?

Outre le coût inestimable que représente la perte de 24 hectares de terres agricoles, combien de millions d’euros ces projets vont-ils coûter aux contribuables ? Pour quels bénéfices ? Avec quels risques ? Depuis l’annonce du projet en 2019, M. Accary refuse de partager la moindre information avec le public. Le Collectif dénonce cette politique du fait accompli, sans concertation ni débat, au mépris de la démocratie la plus élémentaire : le droit à l’information, le plus en amont possible, tel qu’inscrit dans la Convention d’Aarhus.

(1) Investisseurs du parc ECLAT : Christian Badey (47,5%), Wikipark/Arnaud Coste (5%), Banque des Territoires/Caisse des dépôts (47,5%).

Le collectif Pas d’ECLAT Contact: Eric Daillie
Tél : 06.48.12.96.48
Mail : collectif@pasdeclat.fr https://www.pasdeclat.fr/

Le Collectif : Champs Libres, la Confédération Paysanne 71, Terre de Liens BFC, France Nature Environnement 71, EcologicAction 71, CNT 71, Europe Ecologie Les Verts BFC, Groupe Libertaire 71, PCF 71, La France Insoumise 71, Mâcon Citoyens, GRS 71, Cap Écologie, le GABSeL et plus de 500 citoyennes et citoyens du Tournugeois et de Saône-et-Loire.

Mâcon : j’ai testé pour vous la piste cyclable rue Vrémontoise (spoiler : beaucoup d’argent pour presque rien)

Au cours d’une campagne d’affichage menée en juin dans toute la ville, la mairie de Mâcon s’est vantée de disposer d’un réseau de 45 kilomètres de pistes cyclables « pour circuler autrement en ville ». Je passe rapidement sur le fait qu’il ne s’agit pas techniquement de « pistes » cyclables mais de « voies » cyclables, puisqu’une piste est séparée de la chaussée et du trottoir par un élément physique (voir la définition du Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement) et que Mâcon dispose de très peu d’aménagements de ce type. Ce sont majoritairement des « bandes » cyclables que l’on voit, simplement peintes sur la chaussée. Et pour pouvoir parler d’un « réseau », encore faudrait-il que celles-ci soient connectées entre elles – or elles sont nombreuses à s’arrêter brutalement.

On constate ainsi à Mâcon une grande différence entre les beaux discours du maire sur le vélo et la réalité des aménagements qui y sont dédiés. Avec, au cœur du problème, la question de la sécurité des usagers, dont il a été prouvé à maintes reprises qu’elle incitait (ou non) les habitants à se mettre au vélo. Or qui peut aujourd’hui dire qu’il se sent en sécurité lorsqu’il circule en ville à vélo ? J’en veux pour preuve le nombre d’usagers qui empruntent encore les trottoirs avec leur deux-roues, ceux qui ont renoncé à monter en selle par crainte du trafic routier, ainsi que le manque criant de pistes séparées de la chaussée. On pourrait aussi parler du défaut de stationnements dignes de ce nom aux endroits pertinents.

Sauf qu’à moins de se déplacer régulièrement à vélo en ville, on ne se rend pas compte de ces difficultés. C’est peut-être pour cela que les élus de la majorité se sentent autorisés à dire qu’ils engagent les finances de la ville en faveur d’une ville plus cyclable, alors que les aménagements réalisés à grands frais ne rendent pas de si grands services aux cyclistes.

Le maire de Mâcon a fait du vélo au moins une fois

C’est cette dichotomie que j’ai souhaité illustrer avec un exemple concret : la réalisation d’une voie cyclable au sud de la rue Vrémontoise, qui se situe à la sortie de Sennecé-lès-Mâcon en direction de Mâcon.

Cette liaison est intéressante à plus d’un titre. Tout d’abord, sa récente inauguration a été l’occasion pour le maire de se montrer sur un vélo, chose qui, si elle arrivait plus souvent, éviterait sans doute de gaspiller l’argent public dans des pistes cyclables au rabais. Ensuite, c’est un trajet que je n’avais encore jamais emprunté et qui comme vous allez le voir présente son lot de surprises. Enfin, Sennecé est typiquement le genre d’endroits d’où le centre de Mâcon est désormais accessible maintenant que les vélos à assistance électrique se sont démocratisés.

Le maire (au centre avec le casque bleu) accompagné d’adjoints de la majorité et de l’association Mâcon vélo en ville.

Lundi 5 septembre je réalise ainsi le « test » du tronçon cyclable de la rue Vrémontoise en partant de la mairie de Sennecé. Et le moins que je puisse dire c’est qu’il commence bien, puisqu’aucun aménagement particulier n’est prévu à cet endroit pour quitter le bourg à vélo. Je parcoure ainsi 600 m, dont une portion de la D103 où les automobilistes ont tendance à accélérer à la sortie du rond-point du Chai de Sennecé, avant de rejoindre un bout de bande cyclable.

Un « bout », puisque s’élance 50 m plus loin la fameuse voie cyclable de la rue Vrémontoise, dont la visite à vélo du maire devait attester de la qualité – du moins était-ce que j’espérais. En réalité, ce furent 670 m de pure déception.

Un trottoir géant

Commençons par les présentations : nous sommes ici sur un aménagement cyclable séparé de la route (bon point) mais partagé avec les piétons. Une cohabitation pas totalement absurde, à condition que les choses soient bien faites. Or qu’avons-nous là ? Une sorte de… trottoir géant. Je ne sais comment le dire autrement tant où il ne ressort à aucun moment que ce tronçon a été aménagé pour faciliter la vie des cyclistes (et je vous parle du ou de la cycliste qui va bosser ou faire une course à Mâcon, pas de celui en shorty moulant).

L’aménagement ne comporte en effet aucune couleur ou pictogramme qui le distingue du reste de la voirie. Un contraste visuel et quelques dessins sont pourtant l’assurance d’une bonne lisibilité de l’aménagement par tous. C’est d’autant plus utile dans la rue Vrémontoise que les sorties d’habitations ou de lotissements y sont nombreuses – une seule s’accompagne d’ailleurs d’un stop. Je suis donc contraint de rouler à faible vitesse afin d’anticiper d’éventuelles sorties de véhicules. Et donc je perds du temps. Est-ce censé m’inciter à faire du vélo ?

La « piste » cyclable de la rue Vrémontoise

Autre conséquence de ce manque de lisibilité, des plots ont été installés au milieu de la voie pour éviter les stationnements sauvages, ce qui génère de l’inconfort pour les cyclistes car ce sont autant d’obstacles. N’aurait-il pas été moins cher de peindre cette voie d’une autre couleur pour lui donner de la visibilité, et décourager par la même occasion les automobilistes distraits ?

La « piste » se termine plus loin par une traversée obligatoire menant au large trottoir du pont qui surplombe l’A40. L’élan est quelque peu cassé, puisque toutes les voitures ne vous laissent pas automatiquement passer. Mais ceux qui empruntent régulièrement cet itinéraire le savent : c’est encore plus laborieux en sens inverse. En venant de Mâcon, vous traversez une première fois à cet endroit pour remonter la rue Vrémontoise. Sauf qu’après les 670 m de cette piste incroyablement géniale, vous êtes projetés sur la bande-cyclable à contre-sens, qui elle-même se termine au bout de 50 m. Et vous êtes bloqués. Il faut alors continuer sur le trottoir, ou traverser la D103, ou faire un détour par le parc de Sennecé. C’est loin d’être évident.

À vélo sur la départementale

En poursuivant vers Mâcon la déconvenue est la même. Après le pont de l’A40, je traverse une nouvelle route et après 50 m… plus rien. Du tout. À l’entrée de Sancé, il faut désormais poursuivre sur la route au milieu des voitures. Même limitée à 50 km/h, leur vitesse peut décourager bon nombre de cyclistes. Dans le bourg, la limitation passe à 30 km/h et l’on ressent moins le besoin d’une piste séparée de la route. Jusqu’à ressortir du village où les automobilistes accélèrent à nouveau.

La fin de l’itinéraire cyclable à l’entrée de Sancé, signe du début des ennuis.

Je parcoure ainsi 1,5 km sur route avant de retrouver un aménagement cyclable, le seul correctement conçu de tout le trajet, et qui est redoutable de simplicité : une bande de bitume longeant un champ à bonne distance des voitures.

A la sortie de Sancé, cet aménagement est à la fois simple et sécurisant.

Mais toutes les bonnes choses ont une fin, et arrivé au rond-point des 4 Pilles je me retrouve à nouveau sur la départementale avec les voitures. Pour 500 mètres, et sur une portion limitée à 80 km/h. Avenue Simone Veil, je finis par rejoindre le « réseau » cyclable de Mâcon que l’on connaît bien : bandes cyclables collées aux places de parking, voies sur trottoir qui ne débouchent sur rien, sens interdit qui vous obligent à faire un détour…

Les cyclistes ne sont jamais contents

Je rigole, mais je suis sûr que le maire n’est pas loin de le penser. Plus sérieusement, rouler régulièrement à vélo dans Mâcon m’interroge sur le fossé qu’il y a entre les moyens consacrés au vélo par la Ville (et encore ce n’est pas non plus astronomique) et le bénéfice réel des aménagements financés pour les cyclistes.

Celui de la rue Vrémontoise a coûté la modique somme de 141 414 euros, dont près de 100 000 euros ont été réglés par la Ville de Mâcon. Pour un résultat bâclé et peu attractif. N’aurait-il pas mieux valu y consacrer un tout petit peu plus d’argent, du temps de réflexion et de consultation des usagers cyclistes afin de rendre un véritable service et y attirer plus de monde ? Car c’était bien là son objectif, d’après le Journal de Saône-et-Loire : « améliorer les conditions de circulation des vélos et en favoriser l’usage, afin de contribuer à réduire la circulation automobile et la pollution ».

La mairie de Mâcon laisse ainsi l’impression de réaliser des voies cyclables dans le seul but de grossir son « réseau » de 45 km, quitte à ce que celles-ci ne soient pas de bonne qualité puisqu’elles s’interrompent et sont globalement peu sécurisantes. Où est la logique, sinon de pouvoir communiquer sur une « ville plus verte » ?

Mâcon : pourquoi la commission d’enquête a émis un avis défavorable sur le projet de révision du Plan local d’urbanisme [Analyse détaillée]

C’est l’aboutissement d’un long processus administratif, et ce n’est aussi qu’une étape, bien qu’elle ait son importance : le 29 juillet, les trois membres de la commission d’enquête désignés par le tribunal administratif de Dijon pour évaluer la révision du Plan local d’urbanisme (PLU) de Mâcon ont rendu à l’unanimité un avis défavorable sur ce projet.

De nombreux motifs sont avancés en appui de cette décision : ce nouveau PLU n’est pas totalement cohérent avec les documents supra-communaux comme le Schéma de cohérence territorial (SCoT) et le Schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (SRADDET) ; l’objectif de démographie [40 000 habitants à Mâcon en 2040] est trop ambitieux et n’est pas en adéquation avec l’accroissement actuel ; la consommation des espaces agricoles et naturels est beaucoup trop importante au regard des objectifs de réduction portés par les récents textes législatifs, tandis que l’évaluation environnementale révèle des insuffisances caractérisées (l’ensemble des conclusions et du rapport de la commission d’enquête sont consultables à cette adresse).

Nous tenions tout d’abord à remercier le président et les deux membres de cette commission d’enquête pour l’important travail effectué dans l’intérêt des Mâconnais. Cette dernière s’est penchée sur un dossier technique et volumineux (près de 1 000 pages), répondant à chacune des 150 contributions générées durant la période de l’enquête publique, du 31 mai au 1er juillet.

Bien sûr, nous ne pouvons que nous féliciter de cet avis défavorable. En tant qu’élus d’opposition au conseil municipal de Mâcon, nous avons alerté à de nombreuses reprises – en conseil municipal, lors de réunions publiques ou par voie de presse – au sujet des impacts négatifs que ce projet de PLU engendrera s’il est adopté en l’état. À savoir : une bétonisation excessive des surfaces agricoles et forestières encore disponibles, une diminution de la qualité de vie pour de nombreux habitants, ainsi qu’un coût important pour les finances de la Ville lié aux projets immobiliers peu pertinents envisagés à travers ce PLU.

Des insuffisances importantes dans la réalisation du nouveau PLU

Le rapport de la commission d’enquête est riche en enseignements. Il vient tout d’abord confirmer un sentiment que nous avons eu à la lecture des différents documents : ce projet de PLU présenté par la majorité municipale comporte de nombreux manques et incohérences.

D’un document à un autre, des données chiffrées diffèrent. La commission relève ainsi pas moins de 18 erreurs : une même surface passe par exemple de 4,5 à 12,1 hectares entre le rapport de présentation du PLU et son évaluation environnementale, une autre de 18 à 22 ha. Le nombre de nouveaux logements estimés fluctue quant à lui sur une même zone. L’erreur est humaine, certes, mais ces documents ont-ils été correctement relus avant leur présentation au vote du conseil municipal ?

« La division en secteurs de destination et de densité et le renvoi aux plans de zonage pour la hauteur complexifie la lecture du document et risque d’être source d’erreurs pour l’instruction des dossiers d’autorisation d’occuper le sol », observe la commission d’enquête. Qui note aussi « une prise en compte insuffisante des observations et remarques issues de la concertation préalable » menée auprès des habitants ces dernières années. On confirme…

Une artificialisation excessive des sols

Venons-en maintenant à la consommation d’espace naturels au profit de nouvelles constructions prévue dans ce projet de PLU, et que la commission d’enquête a synthétisé dans le tableau ci-dessous :

Tableau extrait du rapport de la Commission d’enquête

Que peut-on en déduire ? Que la bétonisation des sols va se poursuivre à bon rythme à Mâcon dans les années qui viennent. La ville-préfecture de Saône-et-Loire a déjà consommé 75,5 hectares de terres de son territoire pour des projets immobiliers sur la période 2009-2020 – se distinguant au passage comme la pire élève du département en la matière. Elle consommera 82 ha de plus dans les 10 prochaines années si ce PLU est adopté, soit 8,2 ha par an ! C’est démesuré.

Pour respecter l’objectif de -50 % d’artificialisation des sols à l’horizon 2031 fixé par la loi Climat et résilience, il ne faudrait pas consommer plus de 34 ha sur cette période, soit 3,43 ha par an. Or la réduction de l’artificialisation n’est programmée par le maire qu’après 2032. Lui et sa majorité sont donc totalement hors des clous avec ce projet de PLU.

Dans son rapport, la commission d’enquête constate sans surprise « une artificialisation excessive des terres agricoles et forestières ». Et ironise : « Pour l’habitat, passer de 31,5 ha sur la période 2009-2020 à 41 ha sur la période 2022-2032 ne témoigne pas vraiment d’une économie foncière de 50 % ». C’est le cas de le dire…

Le maire de Mâcon ne fait rien pour limiter l’étalement urbain, au contraire.

Le tableau nous indique que cette bétonisation devrait faiblir entre 2032 et 2040 pour atteindre une moyenne de 3,6 ha par an à Mâcon – ce qui reste supérieur à l’objectif de baisse inscrit dans la loi. Mais lorsqu’on considère la période 2022-2040, soit les 18 prochaines années, on s’aperçoit que la consommation d’espaces naturels ne baisse quasiment pas par rapport à la dernière décennie (6,59 ha/an contre 6,9).

Nous en avons la confirmation : le maire de Mâcon et sa majorité ne font rien pour limiter l’étalement urbain. Au contraire, ils le maintiennent au niveau que l’on connaît aujourd’hui. Perpétuant ainsi une vision rétrograde des espaces naturels, perçus comme de vulgaires surfaces disponibles pour l’activité humaine, et non des alliés à préserver à tout prix pour lutter contre le changement climatique, s’adapter à ses impacts, protéger la faune et la flore locale, maintenir une agriculture locale et de qualité, et préserver la qualité de vie des Mâconnais.

Le potentiel des friches et des dents creuses est ignoré

Au vu des objectifs de ce nouveau PLU, à savoir consacrer 41 nouveaux hectares à l’habitat et 41 ha à l’activité économique dans les dix prochaines années, le bon sens aurait voulu, connaissant les enjeux écologiques actuels, que le maire s’appuie sur un programme ambitieux de reconquête des friches industrielles et des petites parcelles non construites disponibles entre deux bâtiments. Il n’en est rien.

La commission d’enquête le déplore, et à juste titre : « Aucune analyse sur le potentiel existant en dents creuses […] n’est faite », « absence d’OAP [orientations d’aménagement et de programmation] sectorielles sur la réhabilitation des friches et celles des quartiers anciens »

La municipalité est invitée à revoir sa copie : « Afin d’être conforme à la loi climat et résilience, le rapport de présentation doit contenir une étude de densification du potentiel restant dans les zones déjà urbanisées (dents creuses, logements vacants) ».

Une croissance démographique irréaliste et irresponsable

Comme la Mission régionale d’autorité environnementale (MRAE) avant elle, la commission d’enquête se montre très critique avec le projet de croissance démographique à marche forcée du maire. Pour rappel, tel qu’il est inscrit dans le Projet d’aménagement et de développement durable (PADD) adopté par le conseil municipal en décembre 2020 (nous avions voté contre), le plan est d’atteindre les 40 000 habitants à l’horizon 2040 grâce à la production de 3 500 à 4 000 nouveaux logements – une paille. Rappelons au passage que plus de 1 500 logements sont vacants rien qu’en centre-ville.

« La commission regrette que la commune ne revienne pas sur un objectif de croissance démographique en cohérence avec les dynamiques du territoire. » Et d’attirer l’attention du maire sur « la faiblesse des arguments chiffrés pour attester la nécessité d’une évolution démographique hors de proportion avec la réalité ». En clair : cette ambition ne se base sur rien de concret.

En effet, la croissance annuelle observée ces dernières années sur Mâcon est de l’ordre de 0,3 % par an, tandis que le projet de PLU ambitionne une croissance annuelle de + 0,89 %. Il y a donc un décalage manifeste entre ce qu’il est réellement possible d’atteindre pour notre ville (en supposant que nous le voulions vraiment) et les désirs du maire, qui semblent justifier à eux seuls l’impérieuse nécessité de construire 4 000 logements supplémentaires.

Un jour, il faudrait que notre édile nous explique pourquoi. Pourquoi vouloir à tout prix atteindre les 40 000 habitants à Mâcon ? Parce que c’est dans l’ordre des choses d’une ville-centre d’agglomération ? Pour rendre à la ville sa gloire d’antan ? Augmenter son poids au sein du conseil d’agglomération ? Ou montrer que le maire a un « projet » pour la commune ?

Pertinence de l’échelon intercommunal

Nous avons déjà interpellé Jean-Patrick Courtois à de nombreuses reprises à ce sujet : il aurait été plus pertinent de réaliser un plan local d’urbanisme unique à l’échelle des 39 communes de l’agglomération (PLUi), comme cela se fait partout ailleurs en France. En effet, lorsqu’on veut préserver l’équilibre territorial et agir efficacement pour l’environnement, il convient de raisonner au niveau du bassin de vie sur la répartition de l’habitat et des activités économiques. Et puis un PLUi représente aussi quelques économies d’échelle…

La commission d’enquête ne dit pas autre chose : « Devant les compétences de l’agglomération et des objectifs du PADD du SCoT, un passage en PLUi parait plus opportun et permettrait à la ville de Mâcon de mieux se positionner en tant que ville centre et d’aborder de façon plus complète la thématique déplacements ». Pour l’heure, le maire s’entête afin de « garder le contrôle » (rappelons qu’il préside aussi le conseil d’agglomération, mais c’est un détail…).

Lorsqu’on se mobilise, on obtient gain de cause : l’exemple de Loché

Durant l’enquête publique, 117 personnes ont été reçues en mairie par la commission, générant 78 contributions sur registres. Plus de 70 messages ont également été adressées par mail ou par courrier. C’est loin d’être négligeable comparé à d’autres consultations menées ces dernières années à Mâcon.

Et les réponses apportées par la mairie à ces contributions révèlent une chose : les Mâconnais ont tout intérêt à s’intéresser à la politique locale. Oui, car certaines des demandes formulées en juin ont déjà reçues une réponse favorable. Suite au message adressé par l’association Présence des Monts du Mâconnais, très remontée contre les modifications du PLU prévues par la municipalité sur la commune associée de Loché, la Ville s’est dite favorable au reclassement en zone agricole d’une parcelle de vigne initialement ouverte à l’urbanisation, ainsi que d’une prairie située en centre-bourg où un important lotissement était envisagé.

Il faut dire que la mobilisation des habitants a été importante à Loché contre ce PLU. Alors que les Lochéens ne représentent que 0,6 % de la population communale, ceux-ci ont généré près de 30 % des contributions du registre de la commission d’enquête. Preuve que lorsqu’on se mobilise fortement, on a des chances d’obtenir gain de cause.

Plus étonnant, la mairie de Mâcon est allée plus loin que la plupart des demandes émanant de Loché en se disant prête à étudier la mise à l’arrêt totale de la constructibilité sur le bourg. Trop loin aux yeux de la commission d’enquête, qui « estime qu’il s’agit là de mesures un peu « radicales » et qu’il conviendrait de réétudier de façon plus approfondie les conditions d’urbanisation sur Loché en cohérence avec les équipements présents et en concertation avec la population ».

Pendant ce temps au Sud de la ville…

Gardons toutefois à l’esprit que pendant que nous débattons du bien-fondé de ce plan local d’urbanisme, les constructions se poursuivent à bon rythme partout en ville, en particulier dans la zone Grand-Sud (au sud de La Chanaye), où des lotissements poussent en ce moment même sur des terres agricoles et où un bois sera bientôt amputé pour faire place à des terrains de foot en synthétique (l’ancien stade étant remplacé par des immeubles). Oui, nous avons souvent l’impression d’avoir en face de nous une municipalité des années 1980, quand le changement climatique ne faisait pas la Une des journaux.

En pleine crise alimentaire mondiale et flambée du prix du blé, le maire de Mâcon s’apprête à bétonner plusieurs hectares de cultures de blé pour y construire des logements (ici au sud de La Chanaye).

Pour la commission d’enquête, ces projets d’aménagements auraient dû être gelés durant la procédure d’élaboration du PLU, en particulier dans les zones à enjeux. Nous ne pouvons que nous joindre à cette demande.

Et maintenant ?

Le maire prendra-t-il en compte toutes ces remarques, ou passera-t-il en force au nom de son « projet » ? La balle est désormais dans son camp. Car comme le souligne la commission dans son avis, les modifications envisagées par la commune suite à l’enquête publique généreront un nouveau document qui sera soumis à approbation du conseil municipal, mais cette fois sans aucun filtre populaire. Nous continuerons bien évidemment de vous informer sur ce dossier.

Vive la rentrée citoyenne ! Mâconnais, prenez la parole !

Sur la photo prise lors de l’inauguration des Mâcon Wine Not : Eve Comtet-Sorabella (1ère à gauche) – Gabriel Siméon (absent) – Delphine Mermet (1ère à droite) – Eric Ponchaux (au centre) – Catherine Amaro (2ème à droite) – Emmanuel Jallageas (2ème à gauche).

L’été est une période de l’année propice aux activités sportives, aux loisirs, à la culture, au repos. Mâcon et les communes de son agglomération, riches de leurs associations et de propositions commerciales nombreuses permettent sorties et activités variées.

Ce moment, ou tout semble un peu plus lent et permet la rêverie, est également un temps pour réfléchir et préparer la rentrée. Face à la crise globale qui s’amorce, plus que jamais, les habitants doivent s’emparer des sujets qui touchent leur vie quotidienne. Il s’agit de se faire entendre au conseil municipal et ainsi, infléchir la politique du Maire et de sa majorité.

Avec Mâcon Citoyens, dans la continuité de ce que nous avons initié dès le mandat 2014-2020 et de façon plus structurée sur 2020-2026, il est possible de rejoindre des groupes thématiques pour échanger réflexions et expériences.

Chaque 1er mercredi du mois, Mâcon Citoyens se retrouve pour cela. Parce que nous pensons que les politiques publiques municipales ne peuvent plus se conduire contre les habitants mais avec eux, nous vous invitons à participer activement à nos « Ateliers Mâconnais ». Á titre d’exemple, les mobilités et plus précisément le transport urbain. Celui-ci doit être réorganisé afin de devenir le premier moyen de se déplacer après la marche et le vélo. Les lignes, le cadencement et le mode de gestion seront à discuter pour adapter au mieux le service de transport dont le contrat prendra fin en juin 2023. Cette réflexion doit être conduite dès la rentrée.

D’autres thèmes sont proposés et vos suggestions sont les bienvenues. Dès septembre, venez embellir la ville et la vie à Mâcon, plus sociale, plus écologique ; venez nous faire part de votre avis, participez et ainsi, agissez pour Mâcon et ses habitants.

Vos élu·e·s du groupe Mâcon Citoyens

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www.maconcitoyens.fr
Secretariat.MaconCitoyens@ville-macon.fr

Une campagne qui finira par porter ses fruits

Le binôme des Législatives avec quatre élu.e.s Mâcon Citoyens

« Le 2 mai dernier, la Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale (NUPES) voyait le jour au niveau national. Aussitôt, le candidat choisi par EELV pour la 1ère circonscription, Patrick Monin, me proposait sa suppléance. J’acceptais alors avec enthousiasme, tant cette idée de NUPES ressemblait à ce que nous avons créé et faisons vivre à Mâcon depuis plusieurs années avec Mâcon Citoyens.

Cette campagne éclair de six semaines jusqu’au 2ème tour a été l’occasion d’aller partout à la rencontre des habitants. Du porte-à-porte systématique dans tous les quartiers populaires de Mâcon aux réunions publiques à Tramayes, Lugny, Saint-Gengoux, Cluny, Jalogny et bien sûr Mâcon, autant d’occasions de présenter les propositions de la NUPES (retraite à 60 ans, blocage des prix, hausse du smic, abrogation du pass sanitaire, transition écologique), et d’entendre les suggestions de nos concitoyens. Autant d’occasion d’être confrontés à la misère sociale dans une région aussi riche que la nôtre, aussi bien ici dans nos quartiers que dans nos campagnes. Nous avons également constaté la méconnaissance de nos institutions (à quoi sert un député, un conseiller municipal, l’agglomération, etc…) et ce quel que soient le milieu social ou l’âge des personnes rencontrées. Les besoins en matière d’information citoyenne, d’éducation civique ou d’éducation populaire, appelons les comme on veut, sont immenses.

Cette campagne a permis de créer une réelle équipe et de souder des militants d’horizons divers. Le binôme Monin-Amaro était d’abord à l’image de notre territoire : le rural et l’urbain, l’écologie et le réalisme social, le maire d’une commune de l’agglomération et une conseillère municipale de la ville centre. Et évidemment, d’un point de vue politique, EELV et la France Insoumise.

L’autre bel aspect de cette alliance est d’avoir su englober, dès les premières actions, nos propres forces militantes mais également les forces vives du PCF local, du parti socialiste, et nombre de citoyens qui se reconnaissaient enfin dans cette idée d’union. Nous avons organisé des rencontres participatives, enrichi nos propositions et affiné nos idées au fil des semaines au contact de chacun.

Je tiens donc ici à remercier du fond du cœur toutes les personnes qui nous ont soutenus dans cette campagne, les militants, les habitants croisés sur les marchés ou sur les réseaux sociaux, tous ceux qui juste par un mot de soutien nous ont donné l’énergie nécessaire.

Et pourtant cela n’a pas été simple. Force est de constater que la presse locale nous a peu relayés : les réunions publiques n’ont quasiment pas été couvertes et nos présences sur de multiples événements totalement invisibilisées, quand, dans le même temps, notre concurrent direct était en photo presque tous les jours sur des inaugurations ne relevant aucunement de son mandat. Sa campagne, au dire de certains maires locaux, aurait démarré il y a près d’un an. Avant, personne ne le croisait. A Mâcon, ses interventions depuis cinq ans ne visent qu’à faire l’apologie du Gouvernement. Personnellement, j’attends toujours de sa part la moindre réflexion personnelle. Ne désespérons pas, il lui reste cinq nouvelles années.

Nous n’avons pas réussi à faire élire Patrick Monin comme député, et nous le regrettons, tant il a réussi à incarner nos valeurs et nos espoirs. Mais nous avons réussi à remobiliser les électeurs de gauche. Nous avons 354 voix de retard à Mâcon au 2ème tour. Ce n’est rien au regard de l’abstention (60% des électeurs ne se sont pas déplacés) et c’est un signal fort pour les prochaines échéances.

Nous avons un peu plus de trois ans dorénavant pour mobiliser les déçus afin qu’ils retournent aux urnes, qu’ils aient à nouveau envie de voter ou qu’ils y viennent pour la première fois. Trois ans pour convaincre 355 citoyens qu’un autre monde est possible, avec eux et pour eux. »

Catherine Amaro
Candidate suppléante NUPES 1ère circonscription de Saône-et-Loire
Conseillère municipale à Mâcon