Halles Saint Pierre : les Mâconnais ont leur mot à dire !

Un peu d’histoire sur ce lieu :

Ancienne cave coopérative, les Halles sont imaginées en 2008 et se concrétisent par l’achat de l’immobilier par la ville pour 800 000€ auxquels il faut ajouter l’ investissement de 800 000€ pour aménagement intérieur des locaux :

  • 2015 : c’est l’ouverture de 6 cellules commerciales,
  • 2019 : l’activité commerciale est ralentie, c’est la fermeture des Halles qui ne se remettront pas de la crise sanitaire de 2020.
  • 2024 : vente présentée par le maire comme une opération blanche pour 1,6 million d’€.

Or, l’indice des prix immobiliers entre 2009 et 2024 a pris 31 %, ce qui représente environ 500 000€ de prise de valeur sur un tel bien, soit un potentiel prix de vente avoisinant les 2,1 millions d’€.

Vendre Les Halles Saint Pierre pour 1,6 million d’€ est un mauvais coup porté aux Mâconnais et relève d’une gestion financière catastrophique. Et ce d’autant plus que le parvis des Halles a été démolis puis reconstruit trois fois au frais du contribuable.

La nouvelle de la vente se fait par voie de presse, y compris pour les élus Mâcon Citoyens qui sont, comme tous les Mâconnais, mis devant le fait accompli.

Les conditions de vente à OMC Promotion, société par action simplifiée, imposent à l’acheteur de faire une aire de restauration, aussi appelée food court, dans les 5 ans mais il peut aussi revendre le lieu, s’il le souhaite, après ce délai.

Les Mâconnais se voient imposer une privatisation de tout l’îlot des Minimes alors que ce sont leurs impôts qui ont permis l’achat et les travaux.

Depuis, la société OMC a été mise en redressement judiciaire (voir article du JSL du 21/07/24).

Nous pensons que Mâcon doit conserver ce patrimoine.

Donnez votre avis sur ce qui pourrait advenir des Halles en remplissant directement ce formulaire ou sur le site – www.maconcitoyens.fr , rubrique « contact »

Contrat de ville: un long catalogue…de toutes petites actions

Conseil Municipal / Avril 2024

Mme Théveniaud, Monsieur le maire,

Les contrats de Ville doivent être impérativement bouclés au 31 mars.

Cela explique peut-être une certaine précipitation dans l’élaboration du diagnostic.

On ne peut que déplorer que les projets reposent sur des données datant de 2019, donc période pré covid.

Vous me répondrez qu’il s’agit des données insee, certes, mais j’ai longtemps été chargée d’études économiques et concernant l’emploi, je m’appuyais forcément et de manière évidente sur les données les plus récentes (voir par exemple les stats trimestrielles de Pôle Emploi…).

Je ne reviendrai pas sur le contenu de ce catalogue de bonnes intentions, si ce n’est que les seules actions concrètes listées existent déjà.

Juste 2 questions sur la phase de concertation :

y a t’ il un conseil citoyen pour établir le bilan du contrat en cours a priori obligatoire ?

y a t’il des comptes rendu sur la participation citoyenne ?

Je vous remercie des précisions que vous pourrez nous apporter

Nouvelles places en crèches publiques … 2 places pour 39 communes!

Conseil Municipal / Avril 2023

RAPPORT 12 – petite enfance – Approbation du contrat de coopération public-public entre le département et MBA

Mesdames et messieurs, ce rapport fait état de 22 530 projets d’embauche en Saône-et-Loire en 2022.
C’est considérable et signe d’une belle reprise économique.

Et c’est forte de ce constat que notre agglomération souhaite aujourd’hui contribuer à lever les freins à l’emploi, en agissant directement sur des possibilités de garde d’enfant qui effectivement posent problème sur l’ensemble de notre territoire et plus particulièrement encore à Mâcon.

Et c’est pourquoi ce soir, on nous demande de voter sur le développement de notre offre d’accueil en proposant, pas moins de 3 places dédiées à des enfants dont les parents bénéficiaires du RSA sont susceptibles d’être orientés sur un emploi. C’est considérable !

Non je plaisante bien sûr. Et c’est même tout à fait dérisoire à l’échelle de l’agglomération.
Si je reprends les derniers chiffres dont je dispose, et qui remontent au mois d’aout 2022, on comptait près de 4000 bénéficiaires du RSA socle c’est-à-dire sans revenus et demandeurs d’emploi en Saône-et-Loire.
Votre annexe fait quant à elle mention de 931 bénéficiaires du RSA emploi au 31/12/2021, sans préciser s’il s’agit de l’échelle département ou agglo.

Statistiques trimestrielles Pôle emploi (pole-emploi.org)

Donc on ne peut évidemment pas désapprouver ce contrat de coopération 2022-2023 qui prendra fin en mars 2024. Et nous ne pouvons que nous satisfaire de la participation du Département, aussi bien en moyens humains pour l’accompagnement qu’en moyens financiers pour l’aide à la mobilité. Encore peut-on s’interroger sur les doublons en la matière….


Mais concrètement, (et entendons-nous bien, si je reprends l’annexe 1 du contrat de coopération lui-même annexé au présent rapport, concernant la garde d’enfants), il ne s’agit que de réserver 3 places au sein de l’ensemble des structures d’accueil collectif de MBA.

Et cela nous renvoie malheureusement à une autre annonce de MBA il y a quelques mois de cela, avec la labellisation d’une crèche (oui, une seule à l’échelle de l’agglomération, à savoir la crèche des Blanchettes) dans le cadre du dispositif AVIP (c’est-à-dire à vocation d’insertion professionnelle) porté par l’Etat et les CAF au niveau national.

Cette décision avait fait grand bruit en début d’année avec de pleines pages dans les journaux locaux, je cite
– article jsl du 26/12/21 : Des places en crèche spéciales pour les enfants de demandeurs d’emploi
– article JSL du 7/03/22 : Des places en crèches réservées pour aider les parents à trouver un emploi
– Ou encore un article dans Mâcon infos lui aussi du 7 mars dernier et qui nous précise comment entrer dans les principes du dispositif : je cite

« Les crèches Avip réservent des places aux enfants de moins de trois ans de parents en situation active de recherche d’emploi ou d’insertion et permettent à ces derniers de bénéficier d’un accompagnement social et professionnel intensif en vue de leur intégration durable sur le marché du travail. L’établissement labellisé Avip s’engage notamment sur un objectif d’accueil d’au minimum 20% d’enfants de moins de 3 ans dont les parents sont dans une démarche active de recherche d’emploi (soit 8 places pour la crèche des Blanchettes) avec un temps d’accueil hebdomadaire de huit à dix heures pour ces enfants, puis l’assurance d’une place d’accueil pérenne lorsque le parent bénéficiaire retrouve un emploi.

Faute d’avoir voté cette convention en conseil communautaire, je me suis tournée vers les décisions du bureau prise en fin d’année dernière et effectivement il apparait que le bureau permanent a approuvé une convention de partenariat entre la Caf de Saône-et-Loire et les acteurs de l’insertion professionnelle visant à labelliser une crèche à vocation d’insertion professionnelle à partir du premier janvier 2022.

(Conseil communautaire de 9/12/21 – Projets de Rapports – p. 93 – décision 2021-85 du bureau permanent).

Nous sommes ici invités à nous référer à l’annexe or elle n’est pas jointe à la décision. D’ailleurs, hormis dans la presse, nous ne disposons d’aucune information sur ce dispositif et même notre site internet n’en fait aucunement mention.

Et pour cause : après avoir dû me renseigner à titre professionnel pour d’éventuels bénéficiaires, il apparait que ce dispositif qui devait proposer 8 places (et je vous accorde que c’est bien peu) ne propose en réalité aujourd’hui que 2 places AVIP.

2 places pour toute l’agglo, et celles-ci sont bien évidemment déjà attribuées. Et il n’y a donc aucune possibilité avant janvier 2023 sur ce dispositif car en réalité aucune place n’a été créée, aucun moyen n’a été affecté.

J’en viens à ma conclusion.

Nous observons ces dernières années la création de différentes crèches à caractère privé, or le nombre de places dans les établissements publics n’évolue pas, pénalisant une fois encore les plus défavorisés. Ce sont des choix politiques me direz-vous. Certes, mais alors pourquoi tant de communication sur des dispositifs permettant l’insertion, autant d’élus mobilisés pour de telles inaugurations ?

Et pour les habitants, comment envisager une démarche d’insertion, comment préparer un retour à l’emploi dans ces conditions ?

Donc permettez-moi de vous demander quand est-ce que notre agglomération s’emparera vraiment du problème, à savoir aider les plus précaires à accéder à l’emploi ?

Je ne voterai pas contre ce rapport, je ne prendrai tout simplement pas part au vote car une fois de plus, vos propositions sont dérisoires au regard des enjeux et des besoins de la population.

3 000 pages à étudier en 5 jours…

Conseil Municipal / décembre 2023

Mesdames, Messieurs, Mme Clerc, Monsieur le maire,

Nous avons ici à nous prononcer sur une proposition de dérogation au repos dominical. Et comme chaque année nous voterons contre.
Je ne vous exposerai pas, une fois de plus cette année, les raisons pour lesquelles nous sommes défavorables à cette autorisation portant 12 dimanches dans l’année, ce qui est le maximum autorisé par la loi, non, il suffit de reprendre nos interventions passées.

En revanche, je m’attarderai 3 minutes sur les conditions de préparation de ce conseil municipal.
Conseil pour lequel nous avons reçu les dossiers ce mardi 5 décembre à 18h17, date et heure limite prévues par la loi.
Je reviens également sur cette pratique de proposer un Conseil municipal par trimestre, minimum légal et ainsi de noyer, ni plus ni moins, l’information importante parmi des sujets plus légers.

Nous avons ce soir à nous prononcer sur pas moins de 53 sujets. Certains ne comportent que quelques lignes et relèvent de la gestion courante de la municipalité, d’autres sont censés amener le débat et comptent de nombreuses annexes, je prendrai pour exemple le rapport sur les délégations de service public pour lequel 72 annexes sont proposées à l’étude.

Certains d’entre nous sont également conseillers MBA et ont dû étudier les 36 rapports et leurs 1 000 pages d’annexes présentés en conseil communautaire jeudi dernier.

Ce soir, ce sont pas moins de 3 000 pages que nous sommes censés compulser, étudier, comparer sur ces 5 jours francs prévus par la loi.
Mais la loi n’avait probablement pas prévu que certains élus jouent en permanence avec ses limites, avec nos limites, rendant le débat impossible faute de pouvoir mener à bien notre travail de lecture et d’analyse.

Je ne ralentirai pas plus les débats par cette intervention et je laisse la parole à mon collègue sur le contenu de ce rapport et son impact sur la vie de nos concitoyens.

le PETR divise son nombre de délégués par 2 mais ça ne choque aucun des maires de notre agglo

Rapport 7 : Politiques contractuelles et territoriales : PETR : Approbation de modifications des statuts du PETR

Mesdames et Messieurs, Monsieur le Président,

On nous demande ce soir de nous prononcer sur la modification de statuts du PETR.

Après une première proposition de délibération le 5 mars dernier, le comité syndical du PETR réuni le 10 juillet a délibéré en faveur de la modification des statuts du PETR.

Ces statuts  ont été assez largement adoptés puisqu’ils ont été rejetés par seulement 5 votants sur les 42 présents. Seulement 42 me direz-vous, à la limite du quorum une fois de plus.

Ces modifications portent sur deux points :

– la composition du Comité syndical avec un nombre de délégués divisé par 2.

– l’année de référence de la population INSEE pour le calcul des contributions des membres.

Rien à redire sur la seconde modification mais le première, qui consiste à réduire le nombre de délégués siégeant au comité syndical, pose tout de même question quant à la représentativité des territoires ruraux au sein du PETR.

A titre personnel, je n’ai pas eu la possibilité d’assister à la délibération initiale lors du Comité syndical de juillet mais j’en garde malheureusement l’impression d’une décision arbitraire pour pallier une difficulté réelle, à savoir le manque de participants à ces comités, plutôt qu’une solution visant à faciliter l’implication de chacun.

Depuis maintenant 4 ans que je siège comme déléguée au PETR, il me semble qu’aucune réunion n’a été délocalisée. Aucune.
Tout se passe à proximité du siège, à la Verchère, à Charnay-les-Mâcon. Bien pratique pour les élus de Mâcon et des communes immédiatement périphériques, j’en conviens, ont très peu d’excuses pour leurs nombreuses absences, mais très excentrées pour les élus du nord Tournugeois, du nord Clunisois ou encore pour l’ouest de St Cyr Mère Boitier.

Des réunions délocalisées ont déjà eu lieu, parait-il, par le passé, sur ces territoires. Probablement, mais pas depuis plusieurs années et cette contrainte portant toujours sur les mêmes n’est certainement pas de nature à mobiliser.

J’émettrai donc un avis défavorable à la modification de l’article 9 relative à la réduction du nombre de représentants siégeant au comité syndical dans la mesure où cette solution n’en est pas une et vient au contraire contribuer un peu plus encore au déséquilibre entre les territoires composant le PETR.

Je vous remercie.

Mâcon Citoyens soutient TOUTES les associations, sans aucun clientélisme

Monsieur le maire, Monsieur Payebien, Mesdames et Messieurs les conseillers municipaux,

Nous avons sous les yeux un rapport concernant des subventions exceptionnelles aux associations sportives. Il sera suivi d’un rapport sur les subventions aux associations culturelles.

Nous souhaitons en profiter pour rappeler ici, clairement, que notre groupe estime et soutient l’ensemble des associations qui font vivre notre territoire.

Nous avons eu, comme vous, l’occasion d’en rencontrer un grand nombre au cours de la dernière manifestation « 1 2 3 Mâcon », qui reste le point d’orgue en matière d’événement de promotion de ces structures.

Aussi, quelle ne fut pas notre étonnement, que dis-je, notre sidération, quand certaines d’entre elles nous ont fait part de leur déception à notre égard, nous élus Mâcon Citoyens !

Il leur aurait été rapporté par certains membres de la majorité que nous votions systématiquement contre les subventions, que nous nous opposions à leur développement et que nous avions particulièrement pris en grippe les associations sportives.

Je tiens donc à rappeler ce soir que l’ensemble de nos interventions, que ce soit ici en conseil municipal, ou en commission, ou en réunion publique ou encore en conférence de presse, ne visent qu’à demander plus de transparence dans l’attribution des subventions municipales.

Plus de transparence et de précision.

Parce qu’il ne s’agit pas juste d’attribuer des montants mais d’expliquer clairement comment ils sont utilisés.

Vous nous avez fait parvenir récemment, début septembre, des éléments sur les associations les plus subventionnées en 2023.

Et encore, vous ne l’avez fait qu’après rappel écrit à vos obligations relatives au droit d’information des élus.

Nous votons donc chaque année, sans quasiment aucun élément porté à notre connaissance, les subventions de fonctionnement aux associations.

Il n’en va effectivement pas de même quand vous nous proposez des rapports dans lesquels vous mélangez intentionnellement subventions exceptionnelles pour certains et nouvelles conventions pour d’autres.

A plusieurs reprises au cours des dernières années, nous vous avons demandé de scinder ces rapports mélangeant des éléments qui n’ont aucun rapport entre eux, si ce n’est, comme on nous l’a répondu trop souvent, qu’il s’agit d’associations sportives.

Je terminerai mon propos en vous disant que nous allons, une fois encore voter, ces subventions exceptionnelles, que non seulement nous n’avons rien contre les subventions aux associations, mais que nous serions les premiers à proposer de renforcer l’aide aux associations à caractère social et humanitaire dont les besoins se font criants ces derniers mois.

Je vous remercie

Schéma de mobilité : tout ça pour ça !

Conseil Communautaire / Avril 2024

Mesdames, Messieurs,

Je ne m’exprimerai qu’en termes de services aux usagers.

C’est mieux, c’est même bien mieux en termes de qualité notamment sur les adaptations de paiement et de transport scolaire, mais franchement pas encore ça en termes de cadencement

On peut effectivement saluer le bus enfin alignés sur les horaires des TGV à Loché et la mise en place de la nouvelle navette est-ouest.

Mais toujours pas de bus en soirée au départ des centres culturels comme le théâtre ou le cinéma, toujours aucun bus le dimanche, et bien évidemment toujours pas de navettes les lundis.

Pour ce qui est de l’avis des habitants, il est bien dommage de ne pas vouloir mettre en place un partenariat avec « Mon avis citoyen » – partenariat conseillé par tréma – qui aurait permis de recueillir des doléances comme des suggestions de manière très large.

Vous évoquez beaucoup un « réseau plus attractif »… En matière de communication, ce rapport comporte plus de 3 pages sur les engagements en matière de politique commerciale mais pas grand-chose sur comment convaincre plus de Mâconnais de prendre le bus.
Vous mentionnez ainsi une campagne de communication rendant les transports en commun attractifs : campagnes annuelles de promotion (p.30) sans autre précision. Ce qui effectivement n’engage à rien.

L’article du JSL du 8 février dernier nous annonçait par ailleurs la création de 2 parkings relais à Saint-Laurent mais pas à l’ouest. Est-ce à dire que les déplacements ne se font que depuis l’est de l’agglomération ? Quid de l’ouest et d’un parking relais à Charnay ?

Ensuite concernant le cadencement, M. Doussot annonçait par voie de presse ce 22 mars des navettes est-ouest toutes les 9 minutes. Or il n’en est rien dans les tableaux horaires annoncés ; ce seront bien 15 minutes d’attente entre 2 navettes.

Toujours sur le cadencement, oui, c’est un peu mieux effectivement, nous passons en gros de 40 minutes d’attente aux heures de pointe à une moyenne de 25 minutes.
Prenons si vous le voulez bien l’exemple de l’arrêt Pillet.
Arrêt excentré mais particulièrement fréquenté : premier bus à 6h39 puis 07h03 (24’ d’attente) / 7h32 (29 minutes) / 07h58 (26’) / 8h24 (26’)… cela se maintient plus ou moins en journée pour ensuite s’espacer à partir de 16h00 avec un peu plus de 40 minutes d’attente.

Même scénario tout au nord en partant des Saugeraies (p. 199 ) avec néanmoins l’avancée notable d’avoir un premier bus à 6h30, au lieu de 6h37 !

Puis fin de service à 19h30 et, comme le disait Mme Comtet-Sorabella, on peut enfin venir de Loché jusqu’en ville, mais rien après.

Donc oui, il y a du mieux, mais tout ça pour ça !

Tribune presse RSA – vote CD71 – 2 avril 2023

Charité bien ordonnée…

A chaque nouvelle « saillie » du gouvernement, ma question est la même : comment osent-ils ? Et à chaque fois la même réponse m’est apportée. Ils sont dans leur rôle et leur logique : le mépris de classe, le sentiment de supériorité face à une masse qu’il faudrait dégrossir, au propre comme au figuré.

Récemment à Mâcon, en Conseil municipal, alors que nous comparions les 27 000 € attribués à l’organisation d’un concours de pétanque sur un week-end aux 22 000 € de budget complet annuel en matière d’aide d’urgence au CCAS, notre maire nous répondait que les manifestations sportives rapportent de l’argent.
Encore a-t’il eu la décence de ne pas préciser, à l’instar de sa nouvelle idole, que les pauvres nous coutent un « pognon de dingue ».


Mais c’est bien de cela qu’il s’agit.
Au sommet de l’Etat, comme ici dans notre petite ville préfecture, il faut faire la chasse aux pauvres. A Mâcon ou sur l’agglomération, il convient de diminuer les aides sociales, de refuser d’indexer les aides aux loisirs sur les revenus réels des familles, de refuser de clarifier les conditions d’attributions de subventions, de refuser de créer des places en crèches publiques, et on va jusqu’à refuser de pratiquer comme le veut la loi, une analyse des besoins sociaux.  
Et ici comme au national, il y a un « en même temps ».
Car en même temps, on distribue aux « partenaires » économiques locaux : 300 000 € de subvention directe au seul club de rugby chaque année et ce sans les aides exceptionnelles (on se souvient encore du chapiteau à 80 000 € en pleine crise Covid), ou encore 850 000 € à l’association Inobiz en 3 ans avec une mise à disposition gratuite de locaux hauts de gamme rénovés au frais du contribuable, des commandes à tout va à des cabinets d’études sur à peu près tous les sujets pour un résultat plus que décevant en termes de réalisations. La liste pourrait être longue. Il suffit de se pencher sur les budgets qui seront votés cette semaine à la Ville comme à l’Agglo…

Mais ce matin, à l’instar du national qui touche le fond avec le président de la République qui accorde une entrevue à Pif Gadget ou une secrétaire d’État dans Play boy, nous avons un article majeur dans le Journal de Saône-et-Loire sur les grandes orientations départementales : « Un nouveau règlement plus sévère pour les bénéficiaires du RSA ».

C’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches écrivait Victor Hugo. Et nos petits gouvernants locaux se font les zélés serviteurs de cette maxime.

Car il s’agit bien, encore et toujours, d’écraser les plus précaires, ceux qui peu à peu se résignent à leur condition et, dans un processus on ne peut plus pervers, de leur renvoyer cette résignation comme une nouvelle faute sociale.

« Ce qui n’est pas entendable, c’est que des gens s’installent dans le RSA comme revenu », nous déclare Mme Christine Robin avec l’immense assertivité que nous lui connaissons tous. Péremptoire, le ton tranchant, elle explique que les bénéficiaires du revenu minimum se complaisent dans cette situation et s’y « installent », le terme n’est pas neutre, dans une sorte de choix délibéré et irresponsable.

Mais le ton péremptoire ne saurait cacher la triste réalité : après le durcissement des règles pour les chômeurs, conduisant inévitablement à des radiations de Pôle Emploi, voici le durcissement des règles d’attribution et de maintien du RSA.

Et bien nous y voilà, car comme l’exprime très bien l’autrice Alice Zeniter : « certaines personnes non-pauvres estiment que c’est pour elles un devoir de contrôler le pauvre pour la simple et bonne raison que, elles, ne sont pas pauvres et qu’elles arrivent à croire que si elles ne sont pas pauvres, c’est qu’elles savent gérer, investir ou faire fructifier, tous ces termes de non-pauvres que le pauvre ne connaît pas, que le non-pauvre pense que le pauvre ignore par bêtise ou par paresse. (…) le non-pauvre est donc d’accord pour aider le pauvre mais à condition qu’il puisse aussi éduquer le pauvre, à condition que le pauvre soit un bon pauvre ».

Et qu’est-ce qu’un bon pauvre pour la majorité départementale ? Et bien là aussi Mme Robin a une réponse et nous en livre une belle définition : un pauvre employable, un pauvre qui sait saisir la main tendue, un pauvre qui joue le jeu, un pauvre en mouvement, …

Cela revient à considérer également que le pauvre est responsable de ce qui lui arrive et que ses freins à l’emploi relèveraient de sa responsabilité pleine et entière alors que nos territoires ne sont pas en mesure de proposer les solutions qui leur incombent : une offre suffisante en santé et en logement, une offre de transports adaptée aux besoins en déplacements, une offre de garde d’enfants adaptée aux horaires et aux contraintes financières des familles, etc.

Pour en revenir à Mme Robin, il semblerait que nous serons difficilement d’accord et que nous ne vivons décidément pas la même réalité.
Car la sienne est claire : elle est faite de certitudes du haut de son passé de cheffe d’entreprise, comme du haut de ses innombrables mandats passés et présents et, pour ne reprendre que les présents : du haut de ses indemnités de maire, du haut de ses indemnités de vice-présidente de l’agglomération MBA, du haut de ses indemnités de vice-présidente du Conseil départemental de Saône-et-Loire, du haut de ses indemnités de présidente du Pôle d’Equilibre Territorial et Rural.

Autant de postes financés par le contribuable qui mériteraient grandement, pour chacun d’eux, une personne à temps plein. Une personne qui pourrait réellement s’emparer des sujets liés à sa fonction et aux besoins de ses administrés. Il y a une solution simple pour en finir avec la pauvreté, c’est le partage. Le partage du travail bien sûr, mais aussi et surtout le partage des richesses. A Mâcon, comme ailleurs.

Et puisque nous parlons de « nos pauvres », je me contenterai de rappeler ici à nos élus que « charité bien ordonnée commence par soi-même ».

Catherine Amaro
Conseillère municipale et communautaire à Mâcon

Vente des Halles : Plutôt qu’avouer votre échec, vous bradez les bijoux de famille !

Conseil Municipal – Mars 2024

Mesdames, Messieurs,

Nous apprenions ces jours par voie de presse et sans que le sujet apparaisse ne serait-ce qu’à l’ordre du jour de la commission Économie que l’avenir de nos Halles ne tient plus qu’à votre volonté de vous en débarrasser.

Passé le choc, la surprise, puis l’agacement sur le procédé, vient le temps de l’analyse du rapport.
Vous reprenez ici allègrement, en introduction, les éléments de langage de votre dernière campagne, voire je crois, de la précédente.

Mais, depuis le projet a bien avancé :

Nous voilà donc pourvus d’une belle résidence senior de 79 logements… Et à ce sujet, pouvez-vous nous indiquer le nombre de logements occupés à ce jour ?

Equipés également d’un parking souterrain « public » de plus de 100 places ; bien pratique il est vrai, si ce n’est que ce parking est géré en DSP – en délégation de service public et non en direct – et ne propose par exemple pas de formule d’abonnement pour les personnes travaillant en ville.

Puis bien sûr l’espace commercial à vocation de Halles,
avec en son centre le cloître historique du couvent.

Ce fameux espace commercial, tant attendu, et 1000 fois annoncé !
Ce fameux espace commercial rempli une première fois en dupliquant les commerces du centre-ville…

Commerces qui non seulement ont fermé sur le site des halles, mais qui pour certains sont partis pour Charnay.
Commerces haut de gamme, il est vrai, correspondant finalement assez peu aux besoins de la population du centre-ville qui n’a eu de cesse de s’appauvrir ces dernières années.

Et vous faites bien de rappeler que tout cela a été financé par de l’argent public !

Les différents FISACs (fonds d’intervention et de secours à l’artisanat et au commerce), plus récemment l’opération Cœur de Ville, mais aussi les fonds européens Feader pour la création d’une maison du tourisme et des produits du terroir – opération lancée en 2016 et qui devait être achevée au plus tard au 30 juin 2023…

Bref, ce qui devait être le cœur de la revitalisation de notre centre-ville est en train de finir en pure opération immobilière.

Car plutôt que d’avouer votre échec, de reconnaitre enfin que vous pataugez depuis des années sur le dossier, vous annoncez comme une victoire le fait de vendre les bijoux de famille et sans même prendre l’avis des Mâconnais.

Nous lisions dans la presse ces jours que priorité serait donnée à des commerces déjà installés dans la Ville. On fait donc l’erreur une fois mais plutôt que de modifier la trajectoire, on tente de la répéter.

Et vous nous proposez comme une brillante idée de dire adieu à l’implantation de producteurs locaux.

Car si j’en crois toujours l’article du JSL, plus complet que le rapport qu’il nous est proposé d’étudier et de voter ce soir, une dizaine de stands de « food court », c’est-à-dire de restauration rapide, seront proposés.

C’est vrai qu’on en manquait…

Un article récent nous plaçait 3ème en France en nombre de burgers, kebabs et autres tacos ramenés au nombre d’habitants.

Mais de quoi s’agit-il exactement ? Quelles enseignes sont envisagées, où sont les cuisines de ces établissements ?
Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on s’écarte de l’idée qu’on peut se faire de la promotion du terroir.

Pour ce qui est enfin de l’opérateur choisi, et si j’en crois un article de la Voix du Nord ou un autre encore dans les Echos du Touquet concernant les halles d’Etaples, commune du Pas de Calais, Place Ô marché survit tant bien que mal là-bas et n’a plus que deux commerces sur les 5 au départ.

Et qui peut donc aujourd’hui nous confirmer qu’au terme des 5 ans prévus dans le projet d’acte de cession, la société OMC PROMOTION, propriétaire de l’enseigne Place ô marché, ne transformera pas elle-même ces anciennes halles publiques en nouvelle opération immobilière.

Vous nous mettez aujourd’hui devant cette décision comme devant un fait ou plutôt un méfait accompli.

Tribune presse – Un député tout en discrétion – 22 février 2023

Un député tout en discrétion

« Discret dans les médias, le député du Mâconnais-Clunisois, Benjamin Dirx, revient sur les quinze jours de débats à l’Assemblée nationale sur la réforme des retraites ». C’est par cette accroche que la presse locale introduit l’interview de Monsieur le député.

Et quelle discrétion en effet !
Une discrétion telle qu’il a refusé de s’exprimer localement, tous médias confondus, sur cette réforme qui pousse des milliers de personnes dans les rues. Sa discrétion est telle qu’il n’a jugé bon d’apparaitre que pour la Saint Valentin, aux côtés de quelques personnalités locales.

On retrouve ainsi le même souci de discrétion lors des débats à l’Assemblée nationale sur le repas à un euro pour les étudiants, puisqu’il a préféré être absent.

Discrétion encore, quant à la durée des débats sur la réforme des retraites à l’Assemblée nationale, puisque M. Dirx omet de préciser que le gouvernement a choisi d’écourter les échanges. Les débats n’auront duré que 9 jours parce que le gouvernement a fort opportunément choisi de passer par un budget rectificatif de la Sécurité sociale, avec le fameux article 47-1, permettant de transmettre le texte directement au Sénat sans vote.

Discrétion à nouveau quand M. Dirx avoue qu’ « il est souvent compliqué de calculer la pension que le retraité obtiendra. (Qu’) il y a quasiment autant de cas que de Français ». Doux euphémismes pour expliquer que le travail des députés insoumis a permis de clarifier quelques points : la retraite à 1 200 € ne concernerait finalement que quelques personnes en France, tout comme le dispositif les « carrières longues » pourrait permettre à certains salariés entrés tôt sur le marché du travail de cotiser 44 annuités (sic).

Discrétion aussi quand il affirme vouloir sauver le système par répartition «présenté comme « à bout de souffle », oubliant que même le président du Conseil d’Orientation des Retraites estime cette réforme inutile et injustifiée.

Discrétion absolue également quand M. Dirx évoque les « avancées sur l’index senior », manière élégante d’avouer que cet article 2 du projet de loi a été rejeté, et cela même par ses amis LR.

Discrétion enfin, quand il s’enorgueillit modestement du taux de chômage dans la circonscription, omettant radiations, travail à temps partiel, critères de pénibilité disparus.

Et bien voilà, que voulez-vous, Monsieur Dirx est un homme discret, tout en nuances et en précautions, qui s’apitoie sur le niveau des échanges à l’Assemblée.

Rappelons-lui tout de même, si cela peut aider, que l’Assemblée nationale n’est pas une chambre d’enregistrement mais bien un lieu de débats, d’échanges, de confrontations d’idées et d’arguments.

Pour conclure avouons, comme lui, que les mots ont une valeur et que les éléments de langage de la majorité retranscrits mot à mot n’ont de valeur que pour ceux qui veulent encore y croire.